Histoire et architecture du château d'Azay-le-Rideau
Azay-le-Rideau : le chef-d'œuvre inachevé de Gilles Berthelot et Philippe Lesbahy
Bâti de 1518 à 1524 sur pilotis dans le lit de l'Indre, le château d'Azay-le-Rideau doit sa silhouette à un couple de financiers royaux dont l'ambition tourna court. Retour sur l'histoire d'un des fleurons de la Renaissance en Val de Loire.
Carnet éditorial · Carte des Châteaux ·
Posé sur une petite île de l'Indre, le château d'Azay-le-Rideau est l'un des monuments les plus photographiés du Val de Loire. Derrière sa façade de tuffeau se cache l'histoire d'un couple de financiers royaux, Gilles Berthelot et Philippe Lesbahy, dont le rêve de bâtisseurs fut brutalement interrompu par une disgrâce politique.
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Une forteresse médiévale effacée par le temps
L'histoire du site remonte à 1119, lorsqu'un seigneur nommé Ridel d'Azay fait édifier une forteresse chargée de protéger la route stratégique entre Tours et Chinon. Ce premier château est détruit en 1418, incendié pendant les troubles opposant Armagnacs et Bourguignons durant la guerre civile qui déchire alors le royaume. Le site reste ensuite propriété de la famille Berthelot, bourgeois notables de Tours, avant que l'un d'eux ne décide d'y bâtir un tout autre édifice.
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Le chantier de Gilles Berthelot et Philippe Lesbahy
La construction du château actuel débute en 1518 à l'initiative de Gilles Berthelot, trésorier des finances de François Ier et maire de Tours. Avec son épouse Philippe Lesbahy, il ambitionne de bâtir une demeure à la mesure de son ascension sociale. Berthelot, souvent retenu à ses fonctions, confie la supervision effective du chantier à Philippe Lesbahy, qui en son absence s'en remet à l'abbé Guillaume Artault, curé de Saint-Cyr. Le nom de l'architecte n'a jamais été identifié, mais le style du bâtiment, mêlant tradition française et ornements inspirés de l'Italie, témoigne d'influences transalpines alors très en vogue à la cour.
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Une disgrâce qui interrompt les travaux
Le chantier s'arrête brutalement en 1527. Après la défaite de François Ier à Pavie et son retour de captivité, le roi fait enquêter sur ses financiers : plusieurs sont accusés de malversations, dont Jacques de Beaune-Semblançay, cousin de Gilles Berthelot, qui est pendu. Craignant pour sa vie, Berthelot s'enfuit à Metz, où il meurt en 1529. Ses biens sont confisqués par la couronne, et le château, resté inachevé, change alors de mains à plusieurs reprises au fil des siècles suivants.
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Du rachat par l'État à l'un des sites les plus visités du Val de Loire
Profondément remanié au XIXe siècle par ses propriétaires successifs dans un style néo-Renaissance, le château est finalement acheté par l'État en 1905, puis classé au titre des monuments historiques le 18 avril 1914. Il est aujourd'hui géré par le Centre des monuments nationaux, comme une centaine d'autres monuments appartenant à l'État. Selon les chiffres de fréquentation 2024, Azay-le-Rideau a accueilli plus de 310 000 visiteurs, ce qui en fait le cinquième site le plus visité du Val de Loire, derrière Chambord, Cheverny, Chaumont-sur-Loire et Blois.
