Histoire du château de Blandy-les-Tours
Blandy-les-Tours : de forteresse frontalière à ferme oubliée, puis à musée
Bâti à partir de 1220 par les vicomtes de Melun pour surveiller la frontière avec le comte de Champagne, le château de Blandy-les-Tours a traversé la guerre de Cent Ans avant de devenir une simple ferme, puis d'être sauvé de la ruine au XXe siècle.
Carnet éditorial · Carte des Châteaux ·
À une trentaine de kilomètres de Vaux-le-Vicomte, le château de Blandy-les-Tours est l'un des rares témoins bien conservés de l'architecture militaire médiévale en Île-de-France. Place forte royale devenue simple ferme, puis ruine classée, il n'a retrouvé son état actuel qu'au terme d'une longue restauration achevée en 2007.
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Un avant-poste face au comte de Champagne
Les premières traces du château remontent à 1220, lorsque les vicomtes Guillaume II et Adam III de Melun, descendants d'Adam II, compagnon d'armes de Philippe Auguste à Bouvines, font bâtir un premier manoir fortifié. Le comté de Melun, où se situe Blandy, appartient alors au domaine royal, mais se trouve à la frontière du comté de Champagne : la place forte sert donc à la fois d'expression du pouvoir royal et de poste de surveillance face à ce voisin puissant.
02
De l'alliance avec les Tancarville à la guerre de Cent Ans
Au début du XIVe siècle, les vicomtes de Melun s'allient à la famille normande de Tancarville, et le château connaît d'importants travaux d'agrandissement : les courtines et tours sont rehaussées, un grand corps de logis est construit, deux nouvelles tours édifiées dont la tour des archives et un nouveau donjon. Pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453), un nouveau donjon répondant aux progrès de l'architecture militaire est élevé, faisant de Blandy un véritable château fort. Une fois le comté de Champagne rattaché au domaine royal en 1314 et le conflit terminé, l'édifice perd peu à peu sa vocation militaire pour devenir une résidence seigneuriale.
03
Le maréchal de Villars transforme le château en ferme
En 1707, le maréchal Claude-Louis-Hector de Villars, propriétaire du château voisin de Vaux-le-Vicomte, achète le comté de Melun et la seigneurie de Blandy. Il transfère les chapelles à Vaux-le-Vicomte et abandonne le vieux château, qui devient une exploitation agricole connue sous le nom de « Ferme des Tours ». Privé de toitures, il ne ressemble plus à une forteresse, ce qui lui évite paradoxalement les destructions révolutionnaires de 1789.
04
De la ruine oubliée à la restauration du département
Au XIXe siècle, des érudits locaux et la Commission des monuments historiques redonnent de l'intérêt au site. Le comte Choiseul-Praslin, propriétaire, accepte de le vendre à la commune de Blandy en 1883 ; le château est classé monument historique en 1889, mais reste dans un état critique. Un projet de restauration n'est élaboré qu'en 1986, et c'est le rachat au franc symbolique par le Conseil départemental de Seine-et-Marne en 1992 qui permet enfin sa concrétisation, menée par l'architecte en chef des monuments historiques Jacques Moulin, jusqu'à la réouverture du site en 2007.
