
Fouilles archéologiques du château disparu de Didonne, en Charente-Maritime
Charente-Maritime : les douves monumentales du château disparu de Didonne mises au jour par l'archéologie
Sur 6 475 m² à Saint-Georges-de-Didonne, l'Inrap a exhumé les fossés défensifs et le village d'un château seigneurial du XIe siècle disparu depuis la guerre de Cent Ans, dont il ne restait plus qu'un nom de lieu-dit.
Carnet éditorial · Carte des Châteaux ·
À Saint-Georges-de-Didonne, en Charente-Maritime, une équipe de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) fouille depuis 2026 les vestiges d'un château seigneurial disparu depuis des siècles. Sur un site de 6 475 m², au sommet d'un coteau calcaire dominant la vallée marécageuse du Riveau à l'entrée de l'estuaire de la Gironde, les archéologues ont mis au jour les douves monumentales du château de Didonne et le village qui s'était développé à ses abords. Des portes ouvertes gratuites, avec visites guidées toutes les heures, ont permis au public de découvrir le chantier les 29 et 30 août 2026.
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Des douves de 15 mètres de large et 6,50 mètres de profondeur
Le système défensif mis au jour se compose de deux fossés concentriques. La douve interne, la plus impressionnante, mesure environ 15 mètres de large pour une profondeur d'au moins 6,50 mètres, renforcée par un talus enroché d'au moins 10 mètres de large : un ouvrage colossal pour l'époque. La douve externe, également large de 15 mètres mais nettement moins profonde (2,70 mètres), a été creusée dans un terrain plus plat. Autour de ces fortifications, les archéologues ont également dégagé les vestiges du village qui s'était développé en bordure du château : silos destinés au stockage des récoltes, trous de poteaux témoignant de constructions en bois, un réseau de fossés organisateurs et au moins deux puits, autant d'indices de la vie quotidienne d'une communauté installée en bordure d'estuaire.
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Un pôle seigneurial majeur, attesté dès le XIe siècle
Les textes médiévaux attestent l'existence du château de Didonne dès le XIe siècle. Il occupait alors une position stratégique de premier plan comme pôle seigneurial majeur, contrôlant l'accès à l'estuaire de la Gironde et les routes littorales environnantes. Contrairement à une légende locale qui attribuait sa destruction à une attaque anglaise au XVe siècle, les archéologues privilégient aujourd'hui l'hypothèse d'un processus plus lent : un déclassement stratégique après la fin de la guerre de Cent Ans en 1453, suivi d'un abandon et d'une ruine progressive. Du château disparu, il ne restait plus jusqu'à ces fouilles qu'un nom de lieu-dit, « Le Châta », et quelques irrégularités dans le relief que seule l'archéologie pouvait véritablement interpréter.
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Une fouille préventive avant un projet de logements sociaux
Comme souvent en archéologie préventive, c'est un projet d'aménagement qui a permis cette découverte : la fouille, dirigée scientifiquement par Catherine Vacher pour l'Inrap et placée sous le contrôle scientifique de la Direction régionale des affaires culturelles de Nouvelle-Aquitaine, précède un projet de logements sociaux porté par le bailleur SA Noalis. Un premier diagnostic archéologique mené en 2012 sur une surface plus vaste de 16 000 m², suivi d'une première fouille en 2013, avaient déjà repéré la présence des douves et d'une occupation médiévale sur le versant menant vers le marais de Chenaumoine. La campagne menée en 2026 vient compléter et préciser ces premières observations, avant que le site ne soit definitivement recouvert par les futures constructions.
Sources
