Archéologie médiévale et patrimoine du Var
Au château d'Hyères, les fouilles révèlent une église médiévale et des sépultures
À l'occasion des Journées européennes du patrimoine 2026, retour sur les fouilles archéologiques menées en 2025 au château d'Hyères (Var), qui ont mis au jour une église médiévale à chevet semi-circulaire et plusieurs sépultures, aux abords de la forteresse.
Carnet éditorial · Carte des Châteaux ·
Le 19 septembre 2026, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, David Ollivier, archéologue au Laboratoire d'archéologie médiévale et moderne en Méditerranée (LA3M, CNRS/Aix-Marseille Université) et responsable des fouilles du château d'Hyères, présentera au public les recherches menées sur ce site perché sur la colline du Castéou. Cette visite commentée intervient après une année 2025 particulièrement riche : deux campagnes de fouilles ont permis de préciser l'organisation défensive du château et de mettre au jour, à ses pieds, un édifice inattendu identifié comme une église médiévale, accompagné de plusieurs sépultures. Ces découvertes, encore en cours d'interprétation, pourraient renouveler la connaissance de ce site fouillé depuis 2014.
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Deux campagnes de fouilles en 2025
L'année 2025 a été marquée par deux campagnes de fouille au château d'Hyères, menées par le LA3M (CNRS/Aix-Marseille Université) sous la direction de David Ollivier, avec le soutien financier et technique de la Ville d'Hyères, de l'Institut ARKAÏA (MMSH-AMU), du Centre Archéologique du Var et de l'État (DRAC/SRA PACA). En juin, l'équipe a poursuivi l'étude des abords de l'enceinte du château dans sa partie occidentale, après la découverte, en 2024, d'un moulin à sang de près de 3,50 m de diamètre et de la circulation organisée le long de la courtine, avec la mise au jour de la porte d'accès à la tourelle nord-ouest.
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Un édifice inattendu au pied du château
L'opération de septembre 2025 est allée explorer un nouveau secteur situé au pied du château, à quelques dizaines de mètres de la porte sud. À l'emplacement de ce que les archéologues qualifiaient jusqu'alors de bastion à deux tours est apparu un édifice d'une tout autre nature : une église bien orientée, munie d'un chevet semi-circulaire. Cette découverte a surpris l'équipe de fouille, qui n'attendait pas un tel édifice religieux à cet endroit précis du site.
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Des sépultures autour et à l'intérieur de l'édifice
Plusieurs tombes sont implantées le long du mur sud de l'église et apparaissent contemporaines de l'édifice. D'autres sépultures, fouillées à l'intérieur même du bâtiment, semblent en revanche aménagées dans les décombres d'une église plus ancienne et déjà disparue à l'époque de leur creusement : leur présence témoigne de l'attractivité durable de ce lieu, dont le souvenir sacré et coutumier continuait d'inciter à y être inhumé.
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Église castrale ou église de quartier ? Une interprétation encore ouverte
Les archéologues restent prudents sur la fonction exacte de cet édifice. Selon la Ville d'Hyères, ce lieu inédit « peut être qualifié d'église castrale dans la topographie religieuse de la ville d'Hyères, en lien peut-être avec un habitat que l'on imaginait pas si proche du château ». Le LA3M, de son côté, formule la question sans trancher : les premières observations, en l'absence d'éléments de datation précis, orientent vers l'existence d'un lieu de culte associé à une zone d'inhumation antérieure au XIIIe siècle, sans qu'il soit encore possible de dire s'il s'agit d'une chapelle castrale dépendant directement du château ou d'une église liée à un habitat proche jusqu'ici totalement inconnu. Cette seconde hypothèse ouvrirait une piste inattendue : celle d'une occupation civile plus proche de la forteresse que ce que les chercheurs imaginaient jusqu'à présent.
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Un site fouillé depuis 2014, une histoire sans cesse réévaluée
Le château d'Hyères, classé monument historique depuis 1862, fait l'objet d'un programme de recherche archéologique initié en 2014 par le LA3M, dirigé par David Ollivier, en partenariat avec la Ville d'Hyères. Les quatre premières campagnes s'étaient concentrées sur la partie sommitale du site, sur environ 500 m² de surface très irrégulière : elles avaient permis de dégager la porte d'entrée primitive et son système de défense, ainsi qu'une tour maîtresse probablement construite autour des années 1200. La campagne de 2016, confirmée en 2017, avait également mis au jour une occupation du Ve-VIIe siècle jusqu'alors inconnue, et fait remonter les premières phases de construction du castrum entre la fin du IXe siècle et la seconde moitié du Xe siècle. La découverte de l'église et des sépultures au pied du château, en 2025, s'inscrit dans cette dynamique : elle interroge à nouveau l'organisation de ce secteur et la place qu'y occupait, avant le château lui-même, une occupation religieuse et peut-être civile plus ancienne qu'on ne le pensait.
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Rendez-vous en 2026
Une nouvelle campagne de fouille est déjà programmée en 2026 pour tenter de mieux comprendre ce secteur. En attendant ces prochains résultats, le public est invité à découvrir les recherches en cours à l'occasion des Journées européennes du patrimoine : une visite commentée est organisée le samedi 19 septembre 2026 à 10h, avec un rendez-vous fixé sur l'esplanade du château, gratuite sur réservation en ligne. David Ollivier y présentera les recherches archéologiques menées aux abords immédiats de la porte sud du site.
Sources
