Forteresse de Chinon : ce que révèlent les nouvelles fouilles du Fort du Coudray

Enquête archéologique au Fort du Coudray, à la Forteresse royale de Chinon

Forteresse de Chinon : ce que révèlent les nouvelles fouilles du Fort du Coudray

Depuis 2024, le service archéologique du Département d'Indre-et-Loire fouille le Fort du Coudray, à la Forteresse royale de Chinon. Pourquoi rouvrir le sol d'un site déjà bien connu, et que cherchent réellement les archéologues ?

Carnet éditorial · Carte des Châteaux ·

La Forteresse royale de Chinon a beau être l'un des sites médiévaux les plus étudiés du Val de Loire, une partie de son histoire reste à écrire sous la terre. Depuis septembre 2024, des archéologues fouillent le Fort du Coudray, la pointe occidentale de la forteresse, dans le cadre d'un programme de recherche sur trois ans porté par le Département d'Indre-et-Loire. L'objectif : comprendre la succession de bâtiments qui se sont installés sur cet éperon rocheux depuis le Xe siècle, jusqu'à la chapelle Saint-Martin du XVe siècle. La campagne 2026, dernière étape du programme, se déroule en ce moment même. Voici ce que l'on sait réellement de cette enquête archéologique, et ce qui relève encore de l'hypothèse.

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Sous le Fort du Coudray, une nouvelle enquête archéologique

Chinon n'est pas un site vierge pour les archéologues : entre 2003 et 2009, une vaste campagne avait déjà exploré plus de 5 000 m² de la forteresse, accompagnant les travaux de restauration menés par l'architecte en chef des monuments historiques Arnaud de Saint-Jouan. Mais cette précédente campagne s'était concentrée principalement sur le fort Saint-Georges et l'extrémité orientale du château du Milieu ; au Fort du Coudray, à l'autre bout du site, les archéologues n'avaient pour l'essentiel que suivi les tranchées creusées pour de nouveaux réseaux techniques, sans fouille approfondie de ce secteur. C'est ce vide qu'entend combler le programme lancé en 2024. Il est porté par la direction des Archives et de l'Archéologie d'Indre-et-Loire, à laquelle est rattaché le service archéologique départemental (Sadil), créé par le Conseil départemental en 2005. Sa mission : réaliser diagnostics et fouilles en Touraine, et diffuser leurs résultats auprès du public. Trois campagnes programmées se sont ainsi succédé en septembre 2024, septembre 2025, puis septembre 2026, formant un programme de recherche sur trois ans consacré spécifiquement au Fort du Coudray.

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Ce que la campagne 2026 cherche à comprendre

Selon les objectifs annoncés par le service archéologique départemental, la campagne vise à mieux connaître la succession de bâtiments qui se sont établis sur le Fort du Coudray depuis le Xe siècle, jusqu'à la chapelle Saint-Martin, construite au XVe siècle. Autrement dit : il ne s'agit pas de chercher un unique bâtiment disparu, mais de reconstituer plusieurs siècles de constructions, de transformations et de destructions superposées sur ce même promontoire. La campagne de septembre 2026, dernière étape du programme, a un objectif plus précis encore : mieux comprendre les bâtiments partiellement dégagés lors des campagnes de 2024 et de 2025, et retracer leur évolution jusqu'à leur destruction. Cette formulation, reprise des annonces officielles du service archéologique, indique que des vestiges de constructions ont bien été mis au jour lors des deux premières campagnes, sans toutefois qu'un inventaire détaillé de ces vestiges (nature exacte des murs, sols ou structures, datations précises) ait été rendu public à ce jour au-delà de cette formulation générale.

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Des premiers résultats communiqués sur le terrain, pas encore publiés en détail

C'est là un point important pour qui veut comprendre honnêtement l'état de cette recherche : les résultats détaillés des fouilles de 2024 et 2025 (nature des structures dégagées, mobilier éventuellement retrouvé, datations proposées) n'ont pas fait l'objet, à notre connaissance, d'une publication ou d'un communiqué détaillé accessible au grand public. Ces premiers résultats sont en revanche présentés directement sur le terrain : chaque année, l'archéologue responsable des fouilles vient partager ses observations avec les visiteurs venus assister aux visites commentées du chantier, notamment lors des Journées européennes du patrimoine. Ce choix de communication — privilégier la visite de terrain à la publication grand public — est courant pour des opérations archéologiques encore en cours : les hypothèses de travail évoluent d'une campagne à l'autre, et une synthèse scientifique complète n'est généralement rédigée qu'une fois le programme achevé. Nous ne présenterons donc ici aucune découverte précise que nous n'aurions pas pu vérifier auprès d'une source institutionnelle — mais nous actualiserons cet article dès que des résultats détaillés seront rendus publics.

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Un fort transformé pendant plusieurs siècles

Pour comprendre l'intérêt de ces recherches, il faut resituer le Fort du Coudray dans l'histoire longue de la forteresse. Au Xe siècle, le site est tenu par les comtes de Blois. Le plus puissant d'entre eux, Thibaud Ier dit « le Tricheur », vicomte depuis 941 puis comte de 956 à 974, fait édifier une tour en pierre en 954 et entoure cette partie du site d'une enceinte propre, l'isolant du castrum plus ancien attesté dès le Ve siècle. Ce sont ces travaux, concentrés sur la pointe occidentale de l'éperon rocheux, qui donnent sa structure à ce qui sera plus tard appelé le Fort du Coudray. Le site connaît ensuite l'époque des Plantagenêts : Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre, y meurt en 1189. Après le siège de 1204-1205, Philippe Auguste reprend la forteresse aux Anglais et fait construire la puissante tour du Coudray, le donjon qui domine encore aujourd'hui le site : c'est dans cette tour que seront emprisonnés des Templiers en 1308, dont on peut toujours observer les graffitis gravés dans la pierre. Au XIVe siècle, une nouvelle chapelle est construite dans le Fort du Coudray, sous le vocable de Saint-Martin — c'est cette chapelle, achevée au siècle suivant, qui marque la borne chronologique récente de l'actuel programme de fouilles.

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Pourquoi les recherches vont continuer

La campagne de septembre 2026 étant présentée comme la dernière étape du programme de recherche sur trois ans engagé en 2024, elle a vocation à consolider les observations des deux campagnes précédentes plutôt qu'à ouvrir de nouvelles zones de fouille. Des visites guidées du chantier sont proposées tous les jeudis, du 10 septembre au 8 octobre 2026, à 15h, permettant au public de suivre le déroulement des recherches directement sur le terrain. Le week-end des Journées européennes du patrimoine, les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, une visite spécifique de la fouille programmée du Fort du Coudray est également organisée le samedi après-midi : l'archéologue responsable y partage avec les visiteurs les premiers résultats de ses investigations. C'est, à ce jour, l'occasion la plus directe de prendre connaissance des avancées de cette recherche auprès de ceux qui la conduisent.

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Visiter aujourd'hui la Forteresse royale de Chinon

En dehors de ce chantier de fouilles, la Forteresse royale de Chinon (fiche complète sur Carte des Châteaux) se visite toute l'année, tous les jours sauf les 1er janvier et 25 décembre, avec une visite immersive proposée via un support multimédia (HistoPad) inclus dans le billet d'entrée. Le parcours permet de découvrir les trois éléments de la forteresse — fort Saint-Georges, château du Milieu et Fort du Coudray — séparés par des fossés secs, ainsi que le logis royal, la tour de l'Horloge et, bien sûr, la tour du Coudray et ses graffitis de templiers. Les horaires et tarifs étant susceptibles d'évoluer selon la saison, mieux vaut les vérifier directement auprès du site officiel avant de s'y rendre. Si la Forteresse de Chinon est une étape emblématique du Val de Loire, elle n'est pas la seule à se prêter aujourd'hui à une lecture archéologique de son passé : notre article sur les Journées du patrimoine 2026 présente notamment d'autres chantiers de fouilles ouverts au public ce même mois de septembre, du château des Rohan à Pontivy à celui des sires de Faucigny à Bonneville. À quelques kilomètres de Chinon, le château d'Azay-le-Rideau, joyau Renaissance géré comme Chinon par le Centre des monuments nationaux, complète utilement la visite pour qui souhaite prolonger sa découverte du Val de Loire.

Le parcours sur la carte

La Forteresse royale de Chinon et le Fort du Coudray

La Forteresse royale de Chinon, où se déroule la campagne de fouilles du Fort du Coudray, et le château d'Azay-le-Rideau à proximité.

Les repères suivent l’ordre conseillé de visite. Cliquez sur un château pour ouvrir sa fiche.

Sources

Pour aller plus loin