
Histoire et patrimoine
Gaston Fébus, le comte-soleil : de Foix à Montaner, les forteresses d'un prince des Pyrénées
# Gaston Fébus, le comte-soleil : de Foix à Montaner, les forteresses d'un prince des Pyrénées **Description SEO :** Vainqueur de Launac en 1362, auteur du Livre de chasse, bâtisseur de Montaner et d'Orthez : suivez Gaston Fébus de château
Carnet éditorial · Carte des Châteaux ·
# Gaston Fébus, le comte-soleil : de Foix à Montaner, les forteresses d'un prince des Pyrénées ## Introduction Le 5 décembre 1362, près de Toulouse, un comte pyrénéen de trente et un ans
Gaston Fébus, le comte-soleil : de Foix à Montaner, les forteresses d'un prince des Pyrénées
**Description SEO :** Vainqueur de Launac en 1362, auteur du Livre de chasse, bâtisseur de Montaner et d'Orthez : suivez Gaston Fébus de château en château, de Foix à Mauvezin, entre faits attestés et légendes.
Introduction
Le 5 décembre 1362, près de Toulouse, un comte pyrénéen de trente et un ans met en déroute l'armée du comte d'Armagnac et capture une partie de la noblesse du Midi. Les rançons qui suivent font de lui l'un des princes les plus riches du royaume sans qu'il en soit vraiment le vassal. Il s'appelle Gaston III de Foix-Béarn, que l'on nommera Fébus, « le brillant ». Ses châteaux racontent une ambition rare : tenir ensemble deux principautés, le comté de Foix et la vicomté de Béarn, et ne rien devoir à personne. Ce dossier suit cette ambition pierre après pierre, en séparant ce que les sources établissent de ce que la tradition a embelli.
Un enfant de douze ans à la tête de deux principautés
Gaston naît le 30 avril 1331, très probablement à Orthez, dans le château Moncade. Son père, Gaston II, meurt le 26 septembre 1343 devant Algésiras, en Andalousie, où il combattait aux côtés du roi de Castille. L'héritier a douze ans ; sa mère, Aliénor de Comminges, assure la régence jusqu'à sa majorité, le 30 avril 1345. Entre-temps, le jeune comte a parcouru ses terres pour recevoir l'hommage de ses vassaux, de décembre 1343 à janvier 1345. Son pouvoir repose sur une particularité juridique. Le comté de Foix relève du roi de France ; le Béarn, lui, n'est tenu de personne. Le 25 septembre 1347, à Orthez, Gaston affirme tenir le Béarn « de Dieu et de nul homme au monde ». La formule fait de lui un prince presque souverain, et explique le soin qu'il met à fortifier la frontière entre ses terres et celles de ses voisins, Armagnac au nord et Bigorre à l'est.
Launac, 5 décembre 1362 : la victoire qui finance les chantiers
Au milieu du XIVe siècle, la rivalité entre Foix et Armagnac, nourrie par la guerre de Cent Ans et les querelles de succession du Midi, se règle par les armes. À Launac, Fébus, en infériorité numérique selon les historiens, remporte la bataille et capture Jean Ier d'Armagnac ainsi que de nombreux seigneurs. La tradition retient une rançon de l'ordre de 500 000 florins ; le chiffre, donné par l'historiographie moderne, reste à manier avec prudence. Une idée circule partout : cet argent aurait bâti les châteaux de Fébus. Elle est plausible et probablement en partie vraie, mais les sources la présentent comme une hypothèse plutôt que comme un fait documenté poste par poste. Retenons le lien général — des ressources nouvelles, une période de chantiers dans les années 1360-1380 — sans prêter à chaque pierre une facture précise.
Foix, le berceau du comté
Perché sur son rocher, le château de Foix est le siège du comté depuis 1034. Son origine remonte au Xe siècle : la tour d'Arget en est l'élément le plus ancien, doublée au tournant des XIIIe et XIVe siècles. La tour carrée date du XIIIe siècle et fut voûtée au XIVe. Deux enceintes, une barbacane et des châtelets complètent l'ensemble. Un point mérite d'être corrigé, parce qu'il est répété partout : la célèbre tour ronde, haute de 34 mètres, aux murs de 4 mètres d'épaisseur et aux salles hexagonales voûtées, est datée de la première moitié du XVe siècle. Son chantier a pu commencer sous Fébus, mais elle a été achevée après sa mort. Quant au lien entre rançons et travaux, il reste, là encore, probable plutôt que prouvé. Après le Moyen Âge, le château devient une garnison puis une prison, jusqu'en 1864 — presque 200 détenus en 1859 —, échappe à un ordre de démolition de Richelieu (1632-1638) jamais exécuté, est classé en 1840 et restauré par Paul Boeswillwald, ancien collaborateur de Viollet-le-Duc. Il abrite depuis 1930 le musée départemental de l'Ariège. L'aspect actuel est donc en partie une restitution du XIXe siècle.
Montaner, la brique au service du Béarn
Fébus ne se contente pas de Foix. Dans le Béarn, il fait reconstruire à partir de 1375 le château de Montaner sur un projet attribué à Sicard de Lordat. Le choix de la brique, matériau des plaines gasconnes, contraste avec la pierre pyrénéenne. L'enceinte polygonale à vingt pans, soutenue par des contreforts, abrite un donjon carré de 36 mètres, accessible par un pont tournant. Sur la porte du donjon, les armes de Foix-Béarn voisinent avec la devise « Fébus mé fé » — « Fébus me fit ». Montaner symbolise l'union des deux principautés sous un seul prince. Le château appartient au département des Pyrénées-Atlantiques depuis 1854 ; la fiche du site mentionne des animations médiévales l'été. Pour les horaires et les tarifs, il faut se reporter aux sources officielles.
Orthez, Pau, Mauvezin : un réseau de places fortes
Orthez est la capitale béarnaise. Le château Moncade, dont subsiste la tour de 33 mètres bâtie à partir de 1242 par Gaston VII, est remanié par Fébus dans les années 1368-1375 ; incendié en 1569 pendant les guerres de Religion, il est en grande partie démantelé à la Révolution. À Pau, le château devient entre 1372 et 1378 le centre du dispositif défensif à l'est du Béarn, et Fébus y séjourne à partir de 1375. Plus à l'est, Mauvezin, forteresse des Hautes-Pyrénées dont la construction débute au XIIe siècle sur un éperon rocheux, entre dans l'orbite de Fébus à la fin des années 1370 : le duc d'Anjou l'assiège en 1373 et, en 1379, après la guerre de succession du Comminges, Fébus reçoit les châtellenies de Mauvezin et de Goudon, qu'il rattache à une nouvelle principauté, le Nébouzan. Le château domine la route de Toulouse à Bayonne et propose aujourd'hui visites costumées et animations estivales. Il serait faux, en revanche, d'affirmer sans source qu'il y ait fait de vastes travaux : les textes consultés ne le disent pas.
Le prince lettré : Livre de chasse et cour d'Orthez
Fébus est aussi un homme de plume. Son Livre de chasse, composé entre 1387 et 1389 et dédié à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, se divise en quatre parties : les bêtes douces et sauvages, les chiens, la chasse avec les chiens, la chasse aux pièges, lacets et arbalètes. Une trentaine de manuscrits subsistent, dont les enluminures ont fait la célébrité du texte. Il est l'auteur aussi d'un Livre des oraisons. À l'hiver 1388-1389, le chroniqueur Jean Froissart séjourne à Orthez. Il en rapporte un tableau de cour brillante et inquiétante à la fois, qui constitue une source majeure — et unique pour plusieurs épisodes —, avec ce que cela suppose de prudence.
L'ombre de 1380 et la fin d'un règne
Le drame de la vie de Fébus survient en 1380. Son fils Gaston, dix-huit ans, est impliqué dans un projet d'empoisonnement de son père. Arrêté, emprisonné à Orthez, il meurt en août 1380. Froissart parle d'une mort par inanition après une dispute avec son père ; d'autres sources évoquent une condamnation ; aucun acte d'exécution ne subsiste, et Fébus a fait détruire les documents. Les historiens le tiennent probablement pour responsable, et le Livre des oraisons présente la mort comme un crime involontaire. Toute version plus précise relève de la reconstruction. Le 1er août 1391, au retour d'une chasse, Fébus meurt d'une attaque à L'Hôpital-d'Orion, entre Sauveterre-de-Béarn et Orthez. Ses funérailles ont lieu le 2 octobre. Les États de Béarn désignent comme héritier Mathieu de Foix-Castelbon ; Charles VI, qui avait été institué légataire par le traité de Toulouse de 1390, renonce à ses droits contre 250 000 francs et le reconnaît par lettres patentes du 20 décembre 1391. Les comtes de Foix prennent plus tard la couronne de Navarre, et l'un de leurs descendants devient Henri IV, roi de France en 1589 ; le comté est rattaché à la couronne en 1607.
Visiter sur les traces de Fébus
Un itinéraire cohérent commence à Foix, passe par Mauvezin pour la frontière du Nébouzan, puis rejoint le Béarn avec Pau, Orthez et Montaner. On peut compléter par les châteaux ariégeois voisins, comme Lordat (réouvert au public depuis 2016), ou par notre road trip en Occitanie. Avant de partir, vérifier horaires et conditions de visite auprès des gestionnaires : ces informations n'ont pas été contrôlées pour cet article.
Sources principales
- Fr.wikipedia : Château de Foix ; Livre de chasse. - En.wikipedia : Gaston III, Count of Foix ; Battle of Launac. - Château de Mauvezin (site officiel) : Gaston Fébus, le comte-soleil. - Fiches Carte des Châteaux : Foix (991), Montaner (10312), Château de Moncade (10309), Mauvezin (6010), Lordat (1006).
Sources
