Joyeux
Château de Joyeux
Paysagiste, parterres nord et sud · après 1920
→Achille Duchêne (Paris, 1866 – 1947) est l'un des principaux artisans du renouveau du jardin régulier « à la française » entre la Belle Époque et l'entre-deux-guerres. Formé dès l'adolescence dans l'agence de son père Henri Duchêne, il restaure ou recompose les parterres de grandes demeures (Vaux-le-Vicomte, Courances, Breteuil, Le Marais) avant de répondre à des commandes en Angleterre, en Allemagne, en Amérique et en Europe centrale. Sur la Carte des Châteaux, il est rattaché aux parcs de Joyeux (parterres nord et sud, après 1920), de Sassy (jardin à la française créé en 1920-1925 pour le duc Étienne d'Audiffret-Pasquier) et de Montretout à Dangu.
L'œuvre d'Achille Duchêne ne se comprend pas sans celle de son père. Henri Duchêne, passé par le service municipal des promenades parisiennes, ouvre son agence dans les années 1880 avec l'ambition déclarée de ramener l'art des parcs vers l'architecture, c'est-à-dire vers la tradition régulière du Grand Siècle. Achille y travaille très jeune, si bien que les chantiers des années 1880-1900 sont souvent difficiles à attribuer à l'un ou à l'autre. Après 1902, il poursuit seul et donne à l'agence une dimension internationale.
Naissance à Paris ; son père Henri Duchêne (Lyon, 1841-1902) travaille alors au Service des Promenades et Plantations de la Ville de Paris.
Collabore dès l'âge d'une douzaine d'années à l'agence paternelle, fondée dans les années 1880 ; la part respective du père et du fils dans les chantiers communs reste difficile à établir.
Restauration des broderies de buis du grand parterre de Vaux-le-Vicomte ; interventions à Courances, Breteuil et Le Marais.
Crée pour le duc Étienne d'Audiffret-Pasquier le jardin à la française de Sassy dans l'ancien potager, en conservant l'orangerie du XVIIe siècle et en abaissant les murs de clôture pour ouvrir la vue sur la campagne.
Réalise le parterre d'eau de Blenheim Palace (Angleterre) pour le 9e duc de Marlborough.
Publie « Les jardins d'hier, d'aujourd'hui et de demain » (Paris, Fréal), où il estime que l'ère des grands parcs aristocratiques est close.
Décès. Ses dessins sont conservés au Cabinet des Arts graphiques du musée des Arts décoratifs à Paris.
Ses contemporains, à commencer par l'historien des jardins Ernest de Ganay, insistent sur la double facette de son travail : des restaurations jugées rigoureuses de parterres anciens, comme les broderies de Vaux-le-Vicomte, et des créations neuves qui réinterprètent le vocabulaire classique (buis, sables colorés, miroirs d'eau, terrasses) sans le copier. Sassy en est un bon exemple : le jardin est inséré dans un ancien potager, l'orangerie ancienne est gardée comme fond de scène et les murs sont abaissés pour lier parterre et paysage normand.
Le fonds de dessins d'Achille Duchêne est conservé au musée des Arts décoratifs de Paris, qui abrite aussi l'Association Duchêne ; une partie est consultable en ligne. Un colloque international consacré à Henri et Achille Duchêne y a été organisé. Son livre de 1935 témoigne de sa lucidité sur la fin des grands domaines après la Première Guerre mondiale et de son intérêt pour des jardins plus modestes et sociaux.
1920-1925 · Jardin de broderies de buis sur sable rose devant l'orangerie, créé dans l'ancien potager du domaine.
Sassy (Orne)années 1920 · Terrasses d'eau créées pour le 9e duc de Marlborough, l'une de ses principales réalisations à l'étranger.
Woodstock (Angleterre)1935 · Ouvrage-bilan où Duchêne constate la fin des grands parcs aristocratiques.
Paris (éd. Fréal)Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.