Givisiez
Manoir d'Affry et atelier de la sculptrice Marcello
sculptrice, enfance à Givisiez
→duchesse de Castiglione Colonna
Adèle d'Affry (1836-1879), dite Marcello, duchesse de Castiglione Colonna, est l'une des rares sculptrices reconnues du Second Empire. Issue d'une vieille famille patricienne fribourgeoise, elle passe une partie de son enfance au domaine familial de Givisiez, où l'on fait construire pour elle en 1869-1870 deux pavillons, dont un atelier conservé en l'état après sa mort. Veuve à vingt ans, formée à Rome puis à Paris, elle expose au Salon dès 1863 (Bianca Capello), fréquente la cour de Napoléon III et voit sa Pythie acquise pour l'Opéra Garnier. Inhumée à Givisiez, elle lègue ses œuvres à Fribourg, aujourd'hui au Musée d'art et d'histoire.
Le domaine des d'Affry à Givisiez, résidence d'été de Louis d'Affry, premier landammann de la Suisse, est le cadre de l'enfance d'Adèle. En 1869-1870, deux pavillons d'angle reliés au manoir par une galerie sont bâtis pour elle : l'un abrite un salon, l'autre son atelier, resté en l'état après sa mort avec sculptures, peintures, dessins et projets. L'inventaire fédéral des biens culturels le signale comme l'un des rares ateliers de femmes artistes conservés en Suisse. Marcello repose au cimetière de Givisiez, et la Fondation Marcello, établie sur place, veille sur ses œuvres et archives. À noter : le DHS distingue à Givisiez le manoir du XVIe siècle, propriété communale, et la demeure des XVIIIe-XIXe siècles, siège de la Fondation d'Affry, où se trouve l'atelier.
Naissance à Fribourg d'Adèle d'Affry, fille du comte Louis d'Affry ; elle grandit entre Fribourg, le domaine familial de Givisiez et le Midi de la France.
Leçons de dessin avec Joseph Auguste Dietrich et de peinture avec Joseph Fricero à Nice.
Épouse à Rome Carlo Colonna, duc de Castiglione ; veuve quelques mois plus tard, après la mort de son mari à Paris.
Modèle de mémoire le buste de son mari défunt ; formation à la sculpture à Rome auprès du Suisse Heinrich Maximilian Imhof.
S'installe à Paris : copies au Louvre, cours d'anatomie (grâce à Clésinger), dessin animalier avec Barye ; rencontre Eugène Delacroix.
Achève La Belle Hélène, son premier bronze, dont elle adresse un exemplaire à Napoléon III.
Adopte le pseudonyme « Marcello » et débute au Salon avec trois bustes, dont Bianca Capello (aujourd'hui au musée d'Orsay) ; commande impériale d'une Hécate pour Compiègne.
Expose La Gorgone (1865) puis le buste de l'impératrice Eugénie ; reçue à la cour et aux « séries » de Compiègne.
Exposition universelle de Paris : sept bustes autour d'Hécate dans la section des États pontificaux.
Voyage en Espagne puis séjour à Rome (Villa Médicis) avec Regnault, Clairin, Fortuny, Hébert ; tournant vers la peinture.
Construction à Givisiez, pour Adèle d'Affry, de deux pavillons d'angle reliés au manoir familial, dont l'un abrite son atelier.
La Pythie et le Chef abyssin au Salon ; le 3 juin 1870 l'État achète La Pythie, à la demande de Charles Garnier, pour l'Opéra de Paris.
Médaille à l'Exposition universelle de Vienne (1873) ; sa première peinture envoyée au Salon, La Conjuration de Fiesque, est refusée (1874).
Atteinte de tuberculose, elle gagne le sud de l'Europe et s'établit près de Naples ; elle peint, dessine et commence ses mémoires.
Meurt à Castellammare di Stabia ; elle est inhumée, selon son vœu, à Givisiez. Par testament, elle lègue une partie de ses œuvres et de sa collection à l'État de Fribourg.
Ouverture du musée Marcello à Fribourg (28 juillet), à l'initiative de sa mère.
Création de la Fondation Marcello, établie Place d'Affry 7 à Givisiez, qui conserve œuvres et documents de l'artiste au château de Givisiez.
Rétrospective « Marcello. Une femme artiste entre cour et bohème » (Fribourg, Ligornetto, Compiègne, Genève) et colloque de l'Université de Fribourg sur son œuvre littéraire.
Sous le pseudonyme masculin de Marcello, emprunté à un compositeur baroque, elle débute au Salon de 1863 avec le buste de Bianca Capello, très remarqué. Reçue par Napoléon III et Eugénie, elle obtient la commande d'une Hécate et réalise le buste de l'impératrice. Sa Pythie, présentée au Salon de 1870 et achetée par l'État à la demande de Charles Garnier, orne toujours l'Opéra de Paris. Son cercle comprend Carpeaux, Delacroix, Clésinger, Regnault, Fortuny et Courbet.
À partir de 1868-1869, Marcello se tourne vers la peinture, auprès d'Hébert, Fortuny puis Bonnat ; son premier envoi pictural au Salon est refusé en 1874. Malade, elle s'établit près de Naples en 1876 et entame des mémoires restés inachevés. Sa correspondance, ses nouvelles et ses journaux, conservés notamment aux Archives de l'État de Fribourg, ont fait l'objet d'un projet du Fonds national suisse et d'un colloque en 2014.
Par testament, Marcello lègue une collection d'œuvres à l'État de Fribourg, à condition qu'elle ne soit jamais dispersée ; le musée Marcello ouvre en 1881 et la Galerie Marcello du Musée d'art et d'histoire de Fribourg en perpétue le souvenir. Ses œuvres figurent aussi au musée d'Orsay et dans plusieurs musées français. Une rétrospective itinérante (2014-2016) l'a redécouverte, de Fribourg à Compiègne.
1869-1870 · Deux pavillons d'angle reliés au manoir par une galerie, l'un abritant l'atelier, l'autre un salon.
1879 · Morte le 14 juillet 1879 à Castellammare di Stabia, elle est inhumée selon son vœu à Givisiez.
1966 · Fondation chargée de conserver œuvres et documents de Marcello, en principe au château de Givisiez.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.