Blois
Château de Blois
Architecte chargé de la restauration à partir de 1840
→Grand Prix de Rome d'architecture (1823) · Membre de l'Académie des beaux-arts (1854)
Le château de Blois tel qu'on le visite aujourd'hui, avec ses salles peintes de fleurs de lys, de salamandres et d'hermines, est en grande partie une lecture du XIXe siècle : celle de Félix Duban. Chargé du chantier à partir de 1840-1843 sous l'autorité de Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, il fonde sa restauration sur les vestiges et sur des relevés anciens, et fait de Blois le premier monument historique restauré par l'État hors de Paris. Formé à l'École des Beaux-Arts, Grand Prix de Rome en 1823, marqué par la couleur pompéienne et la Renaissance italienne, Duban applique le même goût de la polychromie savante au château de Dampierre, où le duc de Luynes l'appelle dès 1839, et à la galerie d'Apollon du Louvre à partir de 1848. Sa fiche éclaire une question centrale du patrimoine : jusqu'où une restauration peut-elle restituer un état disparu sans l'inventer ?
Pour Prosper Mérimée, Duban établit en 1843 un programme de restauration du château de Blois appuyé sur les vestiges en place et sur des dessins anciens remontant à la fin du XVIe siècle. Les travaux, engagés dans les années 1840, font de Blois le premier monument historique restauré par l'État hors de Paris, et le chantier sert ensuite de modèle pour d'autres châteaux. Le projet d'élévation de l'escalier François Ier, daté de 1844 et conservé dans les collections publiques, montre la méthode : restituer l'ordonnance sculptée de la Renaissance à partir d'un relevé précis. Les décors peints polychromes des appartements de l'aile François Ier relèvent de cette campagne ; la grande restauration des années 1990-2000 a fait le choix de retrouver ces couleurs du XIXe siècle, reconnaissant ainsi l'intervention de Duban comme une couche historique à part entière.
Naissance à Paris (la date varie selon les sources).
Grand Prix de Rome d'architecture.
Début de la restauration de Dampierre pour le duc de Luynes.
Programme de restauration du château de Blois pour Prosper Mérimée.
Projet de restauration de l'escalier François Ier de Blois.
Chantier de la galerie d'Apollon au Louvre.
Élu à l'Académie des beaux-arts.
Mort à Bordeaux.
À Dampierre-en-Yvelines, l'architecte dirige à partir de 1839 la restauration du château bâti par Hardouin-Mansart pour les ducs de Luynes. Le commanditaire, Honoré d'Albert, duc de Luynes, savant numismate et archéologue, rêve d'un lieu où l'art antique et l'art contemporain dialogueraient : il fait travailler Paul et Hippolyte Flandrin, Charles Gleyre, commande en 1846 à Pierre-Charles Simart une Minerve chryséléphantine restituant l'Athéna du Parthénon, et confie à Ingres les grandes peintures murales de l'Âge d'or et de l'Âge de fer, restées inachevées. Duban est l'architecte de ce projet de galerie, dont l'œuvre maîtresse ne fut jamais terminée.
Hors des châteaux, Duban construit le palais des Études de l'École des Beaux-Arts (commencé en 1830), participe à la restauration de la Sainte-Chapelle avec Lassus et Viollet-le-Duc, intervient au château de Gaillon et achève à partir de 1848 la galerie d'Apollon du Louvre. Beau-frère de l'architecte François Debret, il forme plusieurs élèves dont Charles-Auguste Questel.
1843 · Restauration fondée sur vestiges et dessins anciens ; Blois devient un modèle de restauration d'État.
BloisCette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.