
Grenoble
Bastille de Grenoble
Chargé par Louis XVIII de moderniser les défenses à partir de 1815
→pair de France (1832)
François Nicolas Benoît Haxo, officier du génie né à Lunéville, est l'homme dont le nom reste attaché à la Bastille de Grenoble telle qu'on la voit aujourd'hui : après 1815, quand la ville redevient place frontière face au royaume de Sardaigne, le pouvoir royal lui confie la modernisation de ses défenses. Les plans, longuement discutés avec le Comité des fortifications, sont approuvés en 1823 ; le chantier s'étire ensuite sur plus de vingt ans et remplace la forteresse de Lesdiguières par un ensemble entièrement en pierre, avec enceinte, casemates, bâtiments casernés et fort du Rabot.
Les traités de 1814 et 1815 ramènent la frontière du Dauphiné au contact des États sardes. Louis XVIII décide de renforcer la place, et la tâche revient à Haxo, spécialiste des sièges (Saragosse en 1809, citadelle d'Anvers en 1832) réintégré en 1819 comme inspecteur des fortifications frontalières. À Grenoble, il ne s'agit pas d'un château au sens seigneurial mais d'un système défensif qui redessine le versant de la colline : l'enceinte de la rive gauche de l'Isère, les casemates couvertes de terre contre les obus et les galeries de flanquement.
Bastille de GrenobleCommande un bataillon d'assaut au siège de Saragosse ; promu colonel.
Participe à la campagne de Waterloo, puis se soumet aux Bourbons ; Grenoble redevient place frontière.
Réintégré comme inspecteur des fortifications frontalières.
Approbation des plans définitifs des fortifications de Grenoble.
Dirige le siège de la citadelle d'Anvers ; nommé pair de France.
Achèvement du système défensif de la Bastille et du Rabot.
Selon Grenoble Patrimoine, le projet lancé en 1822 sous la direction de Haxo s'achève en 1848 et se distingue par une construction exclusivement en pierre. Les sources divergent légèrement sur les jalons (approbation des plans en 1823, ouverture du chantier en 1824, fin vers 1847-1848) : le donjon à trois niveaux de casemates est élevé vers 1825-1830, les casernements vers 1827-1838, le fort du Rabot vers 1840-1847. Les fortifications sont inscrites au titre des monuments historiques en 1989.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.