
Saint-Léonard
Château de Pont-de-Briques
Architecte (vers 1786)
→Dans le Boulonnais de la seconde moitié du XVIIIe siècle, lorsqu'un seigneur voulait rebâtir sa demeure, il s'adressait souvent à Giraud Sannier. Né au Mont-Lambert, à Saint-Martin-Boulogne, mort à Boulogne-sur-Mer le 30 septembre 1804 à quatre-vingt-deux ans, cet architecte régional signe en une trentaine d'années un réseau serré de châteaux et d'édifices publics : Colembert, le « château aux cent fenêtres » élevé de 1776 à 1784 pour le comte de Sainte-Aldegonde ; Rosamel, à Frencq, reconstruit à partir de 1770 pour le maréchal de camp du Campe de Rosamel en reprenant le plan à quatre tours et douves de la forteresse médiévale ; l'agrandissement de Pont-de-Briques (1786-1792) pour le marquis de Campaigno. Ironie de l'histoire, deux de ses bâtiments – Pont-de-Briques et l'actuel palais impérial de Boulogne (1777) – abritèrent Napoléon pendant le camp de Boulogne, alors que l'architecte vivait ses dernières années.
L'œuvre de Sannier se lit à travers ses clients, tous issus de la noblesse militaire et terrienne du Boulonnais et de l'Artois. À Colembert, le comte Charles-Philippe de Sainte-Aldegonde lui commande de 1776 à 1784 une vaste demeure classée monument historique. À Frencq, le maréchal de camp Claude-Marie du Campe de Rosamel fait reconstruire à partir de 1770 un château qui conserve volontairement l'image de la forteresse antérieure : plan rectangulaire, quatre tours, douves sur trois côtés ; classé en 1966, il est aujourd'hui dégradé et fermé au public. À Pont-de-Briques, il dirige de 1786 à 1792 pour le marquis François-Omer de Campaigno la surélévation du logis, l'agrandissement des ailes, la réfection des façades et la construction d'une tour d'escalier. D'autres châteaux lui sont attribués : Arry (1761), Saint-Martin-Choquel (1778), Doudeauville (1781), Hesdin-l'Abbé, Recques-sur-Course.
Château de Pont-de-BriquesChâteau d'Arry (Somme).
Début de la reconstruction de Rosamel à Frencq.
Reconstruction de l'église Saint-Nicolas de Boulogne.
Château de Colembert pour le comte de Sainte-Aldegonde.
Hôtel devenu palais impérial de Boulogne.
Agrandissement de Pont-de-Briques pour le marquis de Campaigno.
Mort à Boulogne-sur-Mer.
Sannier façonne aussi la ville : reconstruction de l'église Saint-Nicolas (1774), dix-sept chapelles ajoutées à l'ancienne cathédrale Notre-Dame (1771-1784), chapelle des Annonciades, un établissement de bains de mer (1785) et l'hôtel devenu palais impérial (1777), où Napoléon séjourna en 1803, 1810 et 1811. Un lycée de Boulogne porte son nom.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.