Personnalité historique

Heinrich von Isny (Henri d'Isny)

Prince-évêque de Bâle (1275-1286) · Archevêque de Mayence (1286-1288)

Heinrich von Isny, dit Henri d'Isny, fils d'un boulanger d'Isny im Allgäu devenu franciscain et docteur en théologie à Paris, fut l'un des principaux diplomates du roi Rodolphe de Habsbourg. Placé sur le siège épiscopal de Bâle en 1275 par la volonté du souverain, il récupéra Porrentruy et l'Ajoie sur le comte de Montbéliard en 1283 avec l'appui royal. C'est dans ce contexte que le Dictionnaire historique de la Suisse lui attribue la construction, la même année, du château de Roche-d'Or, forteresse frontière à l'ouest de l'Ajoie qui devint le siège d'une seigneurie épiscopale regroupant Damvant, Grandfontaine, Réclère, Chevenez et Fahy. Il termina sa carrière comme archevêque de Mayence (1286-1288).

Portrait de Heinrich von Isny (Henri d'Isny)
Naissance1222 (date incertaine), Isny im Allgäu (origine familiale)
Décès17/18 mars 1288, Haguenau (Alsace) ; inhumé à la cathédrale de Mayence
FonctionPrince-évêque de Bâle (1275-1286) · Archevêque de Mayence (1286-1288)
MaisonOrigine roturière (fils d'un boulanger d'Isny)
ÉpoqueXIIIe siècle
Histoire & patrimoine

Un franciscain au service des Habsbourg

Issu d'un milieu modeste d'Isny, Heinrich étudia la théologie à Paris, où il entra chez les franciscains et obtint le doctorat. Lecteur à Bâle puis à Mayence, il se distingua surtout comme négociateur de Rodolphe de Habsbourg : confirmation de son élection royale par le pape à Lyon en 1274, préparation d'un couronnement impérial, ambassades à Rome, auprès des archevêques rhénans et en Angleterre, puis paix entre le roi et le comte de Savoie en 1282. Son habit franciscain lui valut à Mayence le surnom moqueur de « Knoderer ».

Frise chronologique

Repères dans sa vie

1222 (?)

Naissance ; fils d'un boulanger d'Isny im Allgäu.

1274

Obtient à Lyon la confirmation pontificale de l'élection de Rodolphe de Habsbourg comme roi des Romains.

1275

Sacré évêque de Bâle à Lausanne par le pape Grégoire X, à la demande du roi et contre le souhait du chapitre.

1283

Avec l'appui militaire de Rodolphe, reprend Porrentruy et l'Ajoie au comte de Montbéliard ; fait construire le château de Roche-d'Or (Goldenfels).

1286

Devient archevêque de Mayence.

17/18 mars 1288

Meurt à Haguenau ; inhumé dans la cathédrale de Mayence.

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

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Réseau historique

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Approfondir

Heinrich von Isny (Henri d'Isny) dans l’histoire

La conquête de l'Ajoie et la fondation de Roche-d'Or

En 1283, grâce au soutien armé du roi, l'évêque arracha Porrentruy et l'Ajoie au comte de Montbéliard. Pour verrouiller cette frontière occidentale de la principauté, il fit élever sur la hauteur de Roche-d'Or un château, mentionné cette année-là sous la forme « Goldenvelz ». La forteresse devint le centre d'une seigneurie épiscopale réunissant plusieurs villages de Haute-Ajoie. Elle subsista jusqu'à sa démolition ordonnée en 1595 par l'évêque Jakob Christoph Blarer von Wartensee ; il n'en reste aujourd'hui que des pans de murs.

Un épiscopat actif à Bâle

À Bâle, il installa les franciscains à Colmar (1278), accompagna le transfert des clarisses au Petit-Bâle (1279), rétablit la discipline chez les augustins de Saint-Léonard et octroya au Petit-Bâle une charte de franchises (1277). Ses services diplomatiques lui valurent de la part du roi diverses faveurs pour l'Église de Bâle, avant son élévation au siège de Mayence en 1286.

Fondation du château de Roche-d'Or

1283 · Henri d'Isny fait bâtir le château pour tenir la frontière occidentale de l'Ajoie face au comte de Montbéliard.

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.