Personnalité historique

Jean-Baptiste Estienne

Général de division (1918) · Grand-croix de la Légion d'honneur (1934)

Polytechnicien et officier d'artillerie, Jean-Baptiste Estienne s'intéresse très tôt aux techniques nouvelles : tir indirect, réglage par téléphone, puis aviation d'observation, dont il dirige un service à Reims dès 1909. Pendant la Grande Guerre, il défend l'idée d'un engin blindé capable de franchir les tranchées et obtient la création d'une arme nouvelle, d'abord appelée artillerie spéciale puis artillerie d'assaut. Pour former les équipages, un camp d'entraînement est ouvert en septembre 1916 dans la clairière de Champlieu, à la lisière de la forêt de Compiègne, sur la commune d'Orrouy. À partir du 1er décembre 1916, Estienne s'installe au château d'Orrouy, demeure d'origine médiévale remaniée au XIXe siècle, voisine du camp. Une plaque fixée sur le mur d'enceinte rappelle qu'y fonctionna en 1917 et 1918 son poste de commandement et qu'il créa, organisa et instruisit à Champlieu les chars de combat français jusqu'en avril 1918. Depuis le château, il suit la mise en service des Schneider, Saint-Chamond puis des Renault FT. Le 23 mai 1933, il inaugure lui-même le monument du camp de Champlieu, œuvre de Réal del Sarte. Une rue d'Orrouy porte aujourd'hui son nom.

Portrait de Jean-Baptiste Estienne
Naissance7 novembre 1860, Condé-en-Barrois (Meuse)
Décès2 avril 1936, Paris (hôpital du Val-de-Grâce)
FonctionGénéral de division (1918) · Grand-croix de la Légion d'honneur (1934)
ÉpoqueIIIe République, Première Guerre mondiale
Histoire & patrimoine

De l'artillerie à l'aviation

Sorti de Polytechnique en 1882, Estienne fait carrière dans l'artillerie, où il promeut le tir indirect et les corrections transmises par téléphone. Directeur de l'École d'artillerie de Grenoble, il prend en 1909 la tête du service d'aviation militaire de Reims et développe l'observation aérienne au profit des batteries. Cette culture de l'innovation prépare son engagement en faveur d'un véhicule blindé dès 1915.

Château d'OrrouyChâteau d'Orrouy
Frise chronologique

Repères dans sa vie

1860

Naissance à Condé-en-Barrois (Meuse), le 7 novembre.

1882

Sort de l'École polytechnique ; entre dans l'artillerie.

1909

Prend la tête du service d'aviation militaire à Reims.

1916

Promu général de brigade (8 août), puis nommé à la direction de l'artillerie spéciale (30 septembre).

septembre 1916

Ouverture du camp d'entraînement des chars de Champlieu (code « 201 ») à Orrouy.

1er décembre 1916

S'installe au château d'Orrouy, à proximité du camp.

16 avril 1917

Premier engagement des chars français au Chemin des Dames (Berry-au-Bac).

1917-1918

Poste de commandement au château d'Orrouy ; instruction des équipages à Champlieu jusqu'en avril 1918.

1918

Promu général de division (23 décembre).

1933

Inaugure le 23 mai le monument du camp des chars de Champlieu, sculpté par Réal del Sarte.

1936

Mort à Paris le 2 avril ; inhumé au cimetière de Cimiez à Nice.

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

1 lieu
Réseau historique

Personnalités liées

Approfondir

Jean-Baptiste Estienne dans l’histoire

Orrouy, quartier général du « père des chars »

Le château d'Orrouy, construit au XVe siècle, augmenté d'une aile au XVIIe et fortement remanié au XIXe siècle, avait appartenu au comte Doria, collectionneur proche de Corot et de Manet. Pendant la Grande Guerre, sa proximité avec la clairière de Champlieu en fait le siège du commandement de la nouvelle arme. Estienne s'y installe le 1er décembre 1916. La plaque apposée sur le mur d'enceinte, rue du Général-Estienne, indique : « Ici fonctionna en 1917 et 1918 le poste de commandement du Général Estienne ». Les sources diffèrent légèrement sur la période : la plaque retient 1917-1918, tandis que d'autres présentations font débuter l'installation dès 1916. Le château est inscrit monument historique (partiellement en 1989, extension en 2024) et demeure une propriété privée.

Le camp de Champlieu et sa mémoire

Ouvert en septembre 1916 sous le nom de code « 201 », le camp de Champlieu offre terrains de manœuvre, couvert forestier et proximité du front comme de Paris. Les équipages de l'artillerie spéciale, qui deviendra artillerie d'assaut, s'y forment sur Schneider, Saint-Chamond puis Renault FT, dont les premiers essais ont lieu au printemps 1917. Estienne, qui préférait le mot « char » à l'anglais « tank », y revient le 23 mai 1933 pour inaugurer la borne commémorative de Réal del Sarte portant l'inscription « 1916 Camp des chars d'assaut 1918 » et les initiales « A.S. ».

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.