Personnalité historique

Jean-Baptiste Perret

Député du Rhône (1871) · Sénateur du Rhône (1876-1882) · Conseiller général du Rhône · Officier de la Légion d'honneur (1867)

Jean-Baptiste Perret (1815-1887) appartient à la génération d'industriels qui ont fait de Lyon un pôle majeur de la chimie au XIXe siècle. Né à Lyon, il dirige une importante fabrique de produits chimiques et possède les mines de cuivre et d'azurite de Chessy et de Saint-Bel, gisements dont la pyrite alimentait la production d'acide sulfurique ; la maison lyonnaise Perret, devenue Perret-Olivier, est alors présentée comme le premier producteur français de cet acide avant son absorption par Saint-Gobain en 1872. Officier de la Légion d'honneur à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867, juge au tribunal de commerce et membre de la chambre de commerce de Lyon, il entre en politique après 1870 : député du Rhône en 1871, conseiller général, puis sénateur de 1876 à 1882, dans la mouvance républicaine modérée. En 1870, il acquiert sur les pentes du Mont-d'Or, au-dessus de la Saône, l'ancien domaine de la Chaux, à cheval sur Collonges et Saint-Cyr-au-Mont-d'Or ; il fait raser la demeure antérieure et élever une folie à trois tours coiffées de flèches, qui prend son nom. Il y meurt en 1887. Après l'extinction de sa descendance, la propriété passe en 1902 à plusieurs héritiers, dont Émile Loubet, avant de devenir en 1972 un centre hospitalier, installé rue Jean-Baptiste Perret.

Portrait de Jean-Baptiste Perret
Naissance3 avril 1815, Lyon
Décès17 août 1887, Collonges-au-Mont-d'Or
FonctionDéputé du Rhône (1871) · Sénateur du Rhône (1876-1882)
ÉpoqueXIXe siècle
Histoire & patrimoine

La chimie lyonnaise et les pyrites du Beaujolais

Le Sénat présente Jean-Baptiste Perret comme directeur d'une importante fabrique de produits chimiques et propriétaire des mines de Chessy et de Saint-Bel. L'histoire de l'industrie chimique publiée par la Société chimique de France situe ces gisements au cœur de l'activité de la maison Perret, devenue Perret-Olivier, qui, en grillant la pyrite, produisait un acide sulfurique très compétitif et employait environ deux mille personnes dans les années 1860-1870. Le rachat par Saint-Gobain en 1872 intègre ces mines et l'usine de Saint-Fons au groupe. Le rôle exact de Jean-Baptiste par rapport aux autres membres de la famille, dont un Michel Perret cité pour ses fours à moufle, n'est pas détaillé par les sources consultées.

Château-PerretChâteau-Perret
Frise chronologique

Repères dans sa vie

3 avril 1815

Naissance à Lyon.

1860-1876

La maison lyonnaise Perret (Perret et fils, puis Perret-Olivier) est décrite comme le premier producteur français d'acide sulfurique, à partir des pyrites de Saint-Bel et Chessy.

30 juin 1867

Promu officier de la Légion d'honneur lors de l'Exposition universelle de Paris.

1870

Achète le domaine de la Chaux au Mont-d'Or, fait démolir l'ancien château et construire la demeure actuelle, dite Château-Perret.

8 février 1871

Élu représentant du Rhône à l'Assemblée nationale ; siège au centre droit.

8 octobre 1871

Élu conseiller général du 7e canton de Lyon.

1872

Saint-Gobain absorbe la maison Perret frères et Olivier, avec ses usines et les mines de pyrite de Saint-Bel et Chessy.

30 janvier 1876

Élu sénateur du Rhône ; inscrit à la gauche constitutionnelle.

janvier 1882

Ne se représente pas au Sénat et se retire de la vie publique.

17 août 1887

Mort à Collonges-au-Mont-d'Or.

1902

Le domaine passe notamment à Émile Loubet, H. Sabran et Félix Mangini après la mort du fils de la veuve Perret.

1972

Le domaine devient un centre hospitalier (aujourd'hui centre hospitalier de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, rue Jean-Baptiste Perret).

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

1 lieu
Réseau historique

Personnalités liées

Approfondir

Jean-Baptiste Perret dans l’histoire

Un notable entre Assemblée et Sénat

Au lendemain de la guerre de 1870, Perret est élu député du Rhône (février 1871) puis conseiller général, avant d'entrer au Sénat en 1876. Proche du centre droit à l'Assemblée, il rejoint la gauche constitutionnelle au Sénat et soutient une politique républicaine modérée jusqu'à son retrait en 1882.

Une folie sur le Mont-d'Or

Le domaine acquis en 1870 avait connu une longue suite de propriétaires, des seigneurs de la Chaux à la famille de Maupou et au comte de Chambray. Perret y substitue une résidence ostentatoire à trois tours en flèche, avec terrasse et escalier en arc de cercle tournés vers la Saône, typique des villas d'industriels lyonnais. La mémoire du bâtisseur demeure dans le nom du château et dans celui de la rue qui dessert aujourd'hui le centre hospitalier.

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.