Eurville-Bienville
Château de Bienville
commanditaire, maître de forges · XVIIIe s.
→seigneur de Bienville (présumé, non sourcé formellement)
Jean-Baptiste Thomassin de Bienville, que le site communal d'Eurville-Bienville nomme Maurice Jean-Baptiste Thomassin de Bienville (1716-1782), est associé à la naissance du château de Bienville, en Haute-Marne, dans la vallée de la Marne, où les forges ont marqué le paysage du Moyen Âge jusqu'au milieu du XXe siècle. D'après la notice Mérimée, telle que la reprennent des inventaires en ligne, le château fut élevé au milieu du XVIIIe siècle pour ce Thomassin de Bienville, propriétaire des forges. Le site communal se montre plus prudent : il le présente comme le constructeur « vraisemblable », sur l'emplacement d'un manoir plus ancien. L'édifice s'est formé en au moins deux temps. L'aile sud, la plus ancienne, apparaît sur un plan routier des années 1760. L'aile nord abrite une chapelle placée sous le vocable de saint Jean-Baptiste, saint patron du commanditaire, attestée en 1771 selon la commune et mentionnée en 1780 selon la notice patrimoniale. Le domaine comprend aussi une cour d'honneur, un parc à l'anglaise et un potager clos avec ses murs, ses grilles et ses serres. Sa famille garda Bienville : un Maurice Thomassin de Bienville (1775-1860), né et mort au village, en fut maire et député de la Haute-Marne. Le château est aujourd'hui une propriété privée.
Dans la Haute-Marne du XVIIIe siècle, la vallée de la Marne vit de la métallurgie. Les forges d'Eurville sont mentionnées dès le Moyen Âge et, selon les recensements généalogiques locaux, celles de Bienville ne fermèrent qu'en 1955. La notice patrimoniale du château relie directement l'édifice à cette économie : il fut bâti pour un Thomassin de Bienville présenté comme propriétaire des forges. Comme beaucoup de maîtres de forges de la région, il se fit construire une résidence de plaisance près des usines dont il tirait sa fortune.
Naissance (date donnée par le site communal d'Eurville-Bienville).
Construction du château de Bienville pour Jean-Baptiste Thomassin de Bienville, propriétaire des forges, sur le site d'un manoir antérieur.
L'aile sud figure sur un plan routier, première attestation du nouveau château.
Existence attestée de la chapelle de l'aile nord-ouest (selon la commune ; la notice patrimoniale mentionne l'aile nord en 1780).
Décès (date donnée par le site communal).
Le château ne date pas d'une seule campagne. L'aile sud apparaît sur un plan routier des années 1760. L'aile nord, dont la chapelle est dédiée à saint Jean-Baptiste, saint patron du commanditaire, est documentée plus tard : en 1771 selon la commune, en 1780 selon la notice reprise des inventaires. Cet écart de dates oblige à la prudence, mais les deux sources s'accordent sur une construction en plusieurs temps du vivant de Jean-Baptiste Thomassin de Bienville.
Le nom « Jean-Baptiste de Bienville » renvoie très souvent à Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, fondateur de La Nouvelle-Orléans. Ce personnage n'a aucun rapport avec la Haute-Marne. Le Thomassin de Bienville de cette fiche ne doit pas non plus être confondu avec Maurice Louis Athanase Nicolas Adrien Thomassin de Bienville (1775-1860), député et maire de Bienville, fils d'un Louis Maurice Thomassin de Bienville. Ce dernier appartient à la même famille, mais aucune source consultée n'établit précisément sa parenté avec le constructeur.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.