Personnalité historique

Jean-Bélizaire Moreau

Jean-Bélisaire Moreau (1830-1899), dont le prénom s'écrit aussi Bélizaire, fut architecte à Moulins et l'un des praticiens qui ont transformé les demeures seigneuriales du Bourbonnais au XIXe siècle. La base Mérimée lui attribue l'agrandissement du château d'Issards, à Autry-Issards : en 1862, les bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècles y furent remplacés par un logis rectangulaire et une « poterie », greffés sur la tour ronde et la tourelle d'escalier du XVe siècle, le tout ceint de douves. Le vestibule, le salon et la salle à manger de cette aile, avec leurs lambris, cheminées et plafonds, sont protégés depuis l'inscription du 9 avril 2001. Son nom apparaît aussi, avec celui de son fils René Moreau, dans la notice du château de Contresol au Donjon, grand édifice néogothique élevé entre 1881 et 1891 et inspiré de l'aile Louis XII du château de Blois, classé en 2006. Selon la notice consacrée à René Moreau, celui-ci se forma auprès de son père et en fut longtemps le collaborateur ; la part exacte de chacun à Contresol reste à préciser, les sources mettant surtout en avant René. Les archives des deux architectes sont conservées aux Archives nationales (fonds 524AP).

Portrait de Jean-Bélizaire Moreau
Naissance1830
Décès1899
ÉpoqueXIXe siècle (Second Empire, IIIe République)
Histoire & patrimoine

Issards : greffer un logis du Second Empire sur une tour gothique

À Issards, Moreau n'a pas rasé le site : il a conservé la tour ronde et la tourelle d'escalier du XVe siècle, ainsi que les pièces à cheminée monumentale de cette partie ancienne, et remplacé les ailes plus récentes par un logis rectangulaire accompagné d'une « poterie ». Les douves enveloppent l'ensemble. Les intérieurs reçurent des décors de lambris, de cheminées et de plafonds accordés au style de l'aile, ce qui explique que la protection de 2001 vise explicitement le vestibule, le salon et la salle à manger de l'aile Moreau. La notice mentionne également un architecte nommé Mitton, sans préciser son rôle.

Château d'IssardsChâteau d'Issards
Frise chronologique

Repères dans sa vie

1830

Naissance de Jean-Bélisaire Moreau (date donnée par la notice encyclopédique de son fils René, à recouper).

1862

Agrandissement du château d'Issards (Autry-Issards) : construction d'un logis rectangulaire et d'une « poterie » à la place des bâtiments des XVIIe-XVIIIe siècles.

1881-1891

Construction du château néogothique de Contresol au Donjon, que la notice Mérimée attribue à Jean Bélisaire et René Moreau.

1899

Décès de Jean-Bélisaire Moreau.

9 avril 2001

Inscription du château d'Issards, y compris les douves et les intérieurs de l'aile Moreau, au titre des monuments historiques.

27 mars 2006

Classement du château de Contresol au titre des monuments historiques (après une inscription en 2005).

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

1 lieu
Réseau historique

Personnalités liées

Approfondir

Jean-Bélizaire Moreau dans l’histoire

Contresol : une œuvre familiale

Le château de Contresol, construit au Donjon de 1881 à 1891, reprend le vocabulaire de l'aile Louis XII de Blois. Les champs de la notice Mérimée ne concordent pas tout à fait : le texte cite « Jean Bélisaire et René Moreau », tandis que le champ Auteur indique René Moreau et Jean Moreau. Ces mentions désignent le père et le fils. La biographie de René situe la construction entre 1882 et 1891 et la lui attribue au premier chef. Faute de dossier d'archives consulté, il faut considérer Contresol comme une réalisation de l'agence familiale où le rôle du père, âgé de plus de cinquante ans, reste à préciser.

Une identité à travers deux graphies

Les bases patrimoniales orthographient son prénom tantôt Bélizaire (notice d'Issards), tantôt Bélisaire (notice de Contresol), et le réduisent parfois à « Jean Moreau ». Les deux châteaux se trouvent dans l'Allier, la date de 1862 est compatible avec un architecte né en 1830, et le lien de filiation avec René Moreau est documenté : ces éléments permettent de rattacher les deux chantiers à une même personne. Les fonds de la famille sont conservés aux Archives nationales sous la cote 524AP, et la Cité de l'architecture en conserve d'autres (fonds MORRE).

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.