
Luzay
Château de Thiors
autorisé à fortifier Thiors par Louis XI · 1459
→chevalier · seigneur de Thiors · seigneur de la Jobetière · conseiller et chambellan du roi Louis XI
Jean d'Appelvoisin est un chevalier poitevin du XVe siècle, seigneur de Thiors (aujourd'hui sur la commune de Luzay, Deux-Sèvres) et de la Jobetière, dont le nom reste attaché à la mise en défense de Thiors. Fils aîné de Mathurin d'Appelvoisin, chef de la branche de Thiors, et de Jeanne de Meulles, héritière de ce fief, il entra dans l'entourage de Louis XI, qui le qualifie de conseiller et chambellan. Des lettres royales datées d'avril 1469 « avant Pâques » (soit avril 1470 selon le comput moderne), conservées dans les registres du Trésor des chartes et éditées dans les Archives historiques du Poitou, lui permettent de clore son lieu de Thiors de murs, tours, fossés, ponts-levis, archères et canonnières, et lui octroient la moyenne et basse justice sur ses hommes relevant de la châtellenie de Thouars. Le roi y explique avoir trouvé le lieu si plaisant qu'il entend y séjourner lors de ses passages dans la région. L'enceinte rectangulaire flanquée de tours qui entoure encore le logis témoigne de cette campagne de fortification, même si l'édifice actuel a été remanié aux XVIe, XVIIe et XIXe siècles. Jean d'Appelvoisin apparaît aussi dans des aveux et hommages (la Jobetière, Tourtenay, le Petit-Pelvezin) et au ban de Poitou de 1467 ; il était mort en 1486, laissant de Renée Boux du Teil plusieurs enfants dont Hardy, qui lui succéda à Thiors.
L'acte royal qui fonde la réputation de Jean d'Appelvoisin est une lettre de Louis XI enregistrée au Trésor des chartes (registre JJ 196). Le texte, daté du mois d'avril de l'an 1469 « avant Pâques » et de la neuvième année du règne, correspond à avril 1470 dans notre calendrier. Il énumère avec précision les éléments défensifs permis : murailles, tours, fossés, créneaux, barbacanes, ponts-levis, archères et canonnières, signe de l'adaptation des résidences seigneuriales à l'artillerie. Fait remarquable, le roi motive sa faveur par l'agrément du lieu, qu'il dit vouloir fréquenter lors de ses séjours en Poitou. L'éditeur, Paul Guérin, suppose que les lettres ont pu être données à Thiors même.
Château de ThiorsPremier mariage avec Marie Dobé, fille d'Amaury Dobé et de Catherine Du Bouchet (selon l'annotation de P. Guérin).
Mort de son père Mathurin d'Appelvoisin (fin 1445) ; sa mère Jeanne de Meulles, issue des seigneurs de Thiors, rend aveu cette année-là.
Aveu de la Jobetière rendu au seigneur de Bressuire.
Reçoit l'hommage du fief du Petit-Pelvezin de Guillaume de Puyguyon.
Présent au château de Thiors lorsque son frère Bernard, abbé de l'Absie, y reçoit un serment de fidélité.
Aveu de son hôtel de Tourtenay au vicomte de Thouars.
Inscrit parmi les hommes d'armes de la compagnie du sire de Laigle lors du ban et arrière-ban de Poitou.
Lettres de Louis XI l'autorisant à clore et fortifier Thiors et lui accordant moyenne et basse justice (AN JJ 196, n° 255). Une source touristique avance la date de 1459, que l'acte édité ne confirme pas.
Hommage rendu pour son hôtel de Saint-Généroux.
Sa seconde épouse Renée Boux du Teil est mentionnée comme veuve.
Au ban de Poitou, sa veuve et son fils aîné fournissent deux brigandiniers.
Thiors n'était pas un bien ancien des Appelvoisin. La seigneurie, connue au moins depuis le XIIe siècle selon l'office de tourisme départemental, passa aux Appelvoisin par Jeanne de Meulles, fille de Jean de Meulles, seigneur de Thiors, et épouse de Mathurin d'Appelvoisin. Jean, leur fils aîné, en hérita après 1445 ; son fils Hardy lui succéda. La seigneurie quitta temporairement la famille au XVIIe siècle avant d'y revenir vers 1650, selon une synthèse locale.
Le site conserve une vaste enceinte rectangulaire flanquée de tours, avec le logis au centre, un parc à l'ouest et une cour de communs à l'est. Le corps de logis, long d'environ 35 mètres, a été remanié (porche daté de 1625, restauration au XIXe siècle) ; une tour ronde abrite une cheminée peinte du XVIe siècle. Le château, propriété privée inscrite aux Monuments historiques, ne se visite pas.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.