Personnalité historique

Jean Goujon (1510?-1567?)

sculpteur du chantier du Louvre (1556-1562)

Jean Goujon (vers 1510 - entre 1564 et 1569) est l'un des grands sculpteurs et ornemanistes de la Renaissance française. Probablement normand, il apparaît en 1540 sur le chantier de Saint-Maclou à Rouen, puis travaille à Paris dès 1544 au jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois avec Pierre Lescot. Le connétable Anne de Montmorency l'emploie de 1545 à 1547. La notice Mérimée du château d'Écouen lui attribue le décor sculpté, et le musée national de la Renaissance lui donne l'autel de la chapelle, aujourd'hui à Chantilly. Son rôle exact sur place, où il aurait agi en concepteur plus qu'en praticien, est débattu. Suivent la fontaine des Innocents (1549), les Quatre Saisons de l'hôtel Carnavalet et le décor du Louvre d'Henri II, dont la tribune des Caryatides. Protestant, emprisonné en 1552 et 1555, il quitte la France fin 1562 pour Bologne, où l'on perd sa trace.

Portrait de Jean Goujon (1510?-1567?)
Naissancevers 1510 (Normandie, peut-être Rouen)
Décèsentre 1564 et 1569, probablement à Bologne
Fonctionsculpteur du chantier du Louvre (1556-1562)
ÉpoqueRenaissance (règnes de François Ier et Henri II)
Histoire & patrimoine

Goujon à Écouen : une présence certaine, une main discutée

Le château d'Écouen, construit de 1538 à 1555 pour le connétable Anne de Montmorency, est l'un des lieux où le nom de Goujon revient avec le plus d'insistance. La notice Mérimée du domaine écrit que « les sculptures sont dues à Jean Goujon », aux côtés de l'architecte Jean Bullant. Les historiens nuancent : Universalis rappelle que le connétable l'emploie de 1545 à 1547 et qu'il aurait peut-être dessiné la chapelle. Le décor reflète son esprit, mais sa main n'y est pas formellement identifiable : il y aurait agi davantage en architecte-décorateur qu'en praticien. Le musée national de la Renaissance, installé au château, lui attribue l'autel de la chapelle, transféré à Chantilly lors de la dispersion du mobilier. Il signale aussi que l'arc triomphal d'accès à la chapelle est donné tantôt à Goujon, tantôt à Bullant.

Frise chronologique

Repères dans sa vie

1540-1542

Première mention à Rouen, sur le chantier de Saint-Maclou, où il exécute les colonnes de la tribune d'orgue. On lui attribue aussi le dessin du tombeau de Louis de Brézé à la cathédrale.

1544-1545

Travaille à Paris au jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois, probablement sous Pierre Lescot. La Déploration du Christ et les Quatre Évangélistes de ce jubé sont conservés au Louvre.

1545-1547

Employé par le connétable Anne de Montmorency, alors que le château d'Écouen est en construction (1538-1555). Les sculptures du château lui sont attribuées.

1547

On lui attribue les gravures de la première traduction française de Vitruve par Jean Martin.

1549

Reliefs de la fontaine des Innocents, élevée pour l'entrée d'Henri II à Paris ; les bas-reliefs sont aujourd'hui au Louvre.

1552 et 1555

Emprisonnements, probablement pour motif religieux.

1556-1562

Mentionné chaque année comme sculpteur attitré du chantier du Louvre (sculptures de l'attique, tribune des Caryatides).

fin 1562 - 1564

Quitte la France pour raisons religieuses. Il est attesté à Bologne fin 1563 - début 1564, puis meurt probablement entre 1564 et 1569.

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

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Réseau historique

Personnalités liées

Approfondir

Jean Goujon (1510?-1567?) dans l’histoire

De Rouen au Louvre : un parcours de chantier en chantier

Sa carrière connue tient en un peu plus de vingt ans (1540-1562). À Rouen, les colonnes de la tribune d'orgue de Saint-Maclou sont ses premières œuvres conservées. À Paris, il sculpte en 1544-1545 le jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois, détruit en 1745 : la Déploration du Christ et les Évangélistes, conservés au Louvre, ont été montrés à Écouen en 2020-2021 dans l'exposition « Le Renouveau de la Passion ». Viennent ensuite la fontaine des Innocents (1549) et les Quatre Saisons de l'hôtel de Ligneris (Carnavalet). Enfin, de 1556 à 1562, il est sculpteur attitré du Louvre de Pierre Lescot, où l'on admire la tribune des Caryatides et les figures de l'attique.

Un artiste huguenot contraint à l'exil

Goujon est emprisonné en 1552 et en 1555, probablement pour des raisons religieuses. Fin 1562, au début des guerres de Religion, il quitte la France et se retrouve parmi les réfugiés protestants de Bologne, où il est attesté fin 1563 - début 1564. Sa mort, survenue sans doute entre 1564 et 1569, n'est pas documentée. La légende de son assassinat lors de la Saint-Barthélemy (1572) n'est confirmée par aucune source.

Attributions contestées

Plusieurs œuvres célèbres ne lui sont données que par tradition : la Diane d'Anet, le tombeau de Louis de Brézé à Rouen, les gravures du Vitruve de Jean Martin (1547), certains décors d'Écouen. Ces attributions restent discutées, et la prudence s'impose pour tout ce qui n'est pas documenté par des marchés ou des comptes.

Exposition « Le Renouveau de la Passion »

2020-2021 · Exposition de sculpture religieuse autour de 1540 au musée national de la Renaissance, avec la Déploration du Christ de Goujon prêtée par le Louvre.

Château d'Écouen
Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.