De Rouen au Louvre : un parcours de chantier en chantier
Sa carrière connue tient en un peu plus de vingt ans (1540-1562). À Rouen, les colonnes de la tribune d'orgue de Saint-Maclou sont ses premières œuvres conservées. À Paris, il sculpte en 1544-1545 le jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois, détruit en 1745 : la Déploration du Christ et les Évangélistes, conservés au Louvre, ont été montrés à Écouen en 2020-2021 dans l'exposition « Le Renouveau de la Passion ». Viennent ensuite la fontaine des Innocents (1549) et les Quatre Saisons de l'hôtel de Ligneris (Carnavalet). Enfin, de 1556 à 1562, il est sculpteur attitré du Louvre de Pierre Lescot, où l'on admire la tribune des Caryatides et les figures de l'attique.
Un artiste huguenot contraint à l'exil
Goujon est emprisonné en 1552 et en 1555, probablement pour des raisons religieuses. Fin 1562, au début des guerres de Religion, il quitte la France et se retrouve parmi les réfugiés protestants de Bologne, où il est attesté fin 1563 - début 1564. Sa mort, survenue sans doute entre 1564 et 1569, n'est pas documentée. La légende de son assassinat lors de la Saint-Barthélemy (1572) n'est confirmée par aucune source.
Attributions contestées
Plusieurs œuvres célèbres ne lui sont données que par tradition : la Diane d'Anet, le tombeau de Louis de Brézé à Rouen, les gravures du Vitruve de Jean Martin (1547), certains décors d'Écouen. Ces attributions restent discutées, et la prudence s'impose pour tout ce qui n'est pas documenté par des marchés ou des comptes.
Exposition « Le Renouveau de la Passion »
2020-2021 · Exposition de sculpture religieuse autour de 1540 au musée national de la Renaissance, avec la Déploration du Christ de Goujon prêtée par le Louvre.
Château d'Écouen