Personnalité historique

Jean-Joseph de Laborde (1724-1794)

marquis de Laborde · seigneur de La Ferté-Vidame · vicomte de Méréville · seigneur de Bielle · seigneur de Bilhères · conseiller du roi

Né en 1724 près de Jaca, en Aragon, dans une famille béarnaise de condition modeste, Jean-Joseph de Laborde fit fortune dans le négoce maritime à partir de Saint-Jean-de-Luz et de Bayonne avant de devenir fermier général (1759-1767) et banquier de la Cour sous Louis XV, homme de confiance de Choiseul. Ses fortunes immobilières et coloniales financèrent de grands chantiers : la reconstruction de La Ferté-Vidame (achetée en 1764), le domaine de Méréville (1784) et, dans la vallée d'Ossau dont sa famille était issue, le château de Bielle, élevé de 1766 à 1770 pour son cousin Jean de Laborde. Marquis, seigneur de Bielle et de Bilhères, il fut dénoncé sous la Terreur et guillotiné à Paris le 18 avril 1794.

Portrait de Jean-Joseph de Laborde (1724-1794)
Naissance1724-01-29, près de Jaca (Aragon, Espagne)
Décès1794-04-18, Paris (guillotiné)
Fonctionmarquis de Laborde · seigneur de La Ferté-Vidame
MaisonFamille de Laborde
ÉpoqueXVIIIe siècle, règnes de Louis XV et Louis XVI, Révolution
Histoire & patrimoine

Un financier venu des Pyrénées

Issu d'une famille béarnaise installée de part et d'autre des Pyrénées, Jean-Joseph de Laborde naît en 1724 près de Jaca et n'est naturalisé français qu'en 1749, selon sa notice d'autorité. Entré dans la maison de négoce maritime d'un oncle à Saint-Jean-de-Luz, il en prend la tête et bâtit une fortune considérable. La protection de Choiseul lui ouvre la Ferme générale (1759-1767) et la fonction de banquier de la Cour. À la veille de la Révolution, ses revenus proviennent aussi de l'immobilier parisien au nord des boulevards et de trois plantations à Saint-Domingue, d'après l'étude de Niccolò Valmori dans les Annales historiques de la Révolution française.

Frise chronologique

Repères dans sa vie

1724-01-29

Naissance près de Jaca (Aragon), dans une famille béarnaise ; ses parents sont Jean-Pierre Laborde et Marguerite d'Aleman selon Wikipédia.

1749

Naturalisation française (note de la notice d'autorité IdRef).

1759-1767

Fermier général, sur la recommandation du duc de Choiseul dont il devient l'homme de confiance.

1764

Achat du domaine de La Ferté-Vidame aux héritiers de Saint-Simon ; il fait démolir le château médiéval et élever un château néoclassique par Antoine-Matthieu Le Carpentier.

1766-1770

Construction du château de Bielle (vallée d'Ossau) sur l'emplacement de l'ostau de la famille Dort, à l'initiative de Jean-Joseph pour son cousin Jean de Laborde.

1784

Il cède La Ferté-Vidame au duc de Penthièvre, à la demande de Louis XVI, et acquiert le domaine de Méréville.

1792-04

Installation à Méréville, sur des terres rachetées à son fils François, émigré en Angleterre.

1793-10

Dénoncé au Comité de sûreté générale par le citoyen Héron avec deux autres banquiers.

1794-04-18

Condamné par le Tribunal révolutionnaire pour avoir favorisé la sortie de capitaux et guillotiné à Paris (29 germinal an II).

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

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Réseau historique

Personnalités liées

Approfondir

Jean-Joseph de Laborde (1724-1794) dans l’histoire

Bielle, l'attache ossaloise

À Bielle, l'ancien chef-lieu de la vallée d'Ossau, le château occupe l'emplacement de l'ostau de Bernard Dort, famille locale du XVIIe siècle. La vente de ce bien exigeait l'accord de tous les héritiers, parmi lesquels figuraient Joseph Laborde, négociant à Bayonne, et son frère aîné Jean-Joseph, alors établi à Jaca. Ce dernier y fit élever, entre 1766 et 1770, une demeure classique destinée à son cousin Jean de Laborde, qui l'avait aidé à entrer aux États de Béarn. La brochure du Pays d'art et d'histoire rapporte que l'achèvement fut retardé par des problèmes de trésorerie. Le château, son corps de logis à sept travées et fronton à oculus, ses communs symétriques et son jardin sont inscrits monument historique depuis 2004. Sa construction, avec l'ouverture de la route de Pau aux Eaux-Bonnes, déplaça vers l'est le centre du village.

Un bâtisseur de domaines

En 1764, Laborde achète aux héritiers de Saint-Simon le domaine de La Ferté-Vidame (Eure-et-Loir). Il y fait raser le château médiéval au profit d'une vaste demeure néoclassique d'Antoine-Matthieu Le Carpentier, entourée de jardins, d'étangs, d'une faisanderie et de fermes modèles, dans un parc clos de près de 1 000 hectares, et fait redessiner le bourg en éventail. À la demande de Louis XVI, il cède le domaine en 1784 au duc de Penthièvre et acquiert Méréville, où il réside à partir de 1792. La Ferté-Vidame, vendue comme bien national, sera démantelée.

La chute sous la Terreur

Dénoncé en octobre 1793 par le citoyen Héron au Comité de sûreté générale, Laborde est jugé par le Tribunal révolutionnaire de Paris, accusé d'avoir favorisé la sortie de capitaux hors de France, et guillotiné le 29 germinal an II (18 avril 1794). L'historien Niccolò Valmori y voit un exemple de la défiance révolutionnaire envers les banquiers, nourrie par les attaques de Marat. À Bielle, la brochure du Pays d'art et d'histoire relève que la dot promise ne fut pas entièrement versée après son exécution. Wikipédia (anglais) donne la date du 18 avril dans l'infobox mais mentionne mai 1794 dans le corps du texte ; la date d'avril est retenue d'après IdRef et l'AHRF.

Construction du château de Bielle

1766-1770 · Campagne de construction commanditée par Jean-Joseph de Laborde, banquier de la Cour.

Bielle (Pyrénées-Atlantiques)

Exécution de Jean-Joseph de Laborde

1794-04-18 · Condamnation par le Tribunal révolutionnaire pour sortie de capitaux.

Paris
Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.