Personnalité historique

Jean-Michel Chevotet (1698-1772)

architecte du roi · membre de l'Académie royale d'architecture (1732), première classe (1754)

Jean-Michel Chevotet (Paris, 1698-1772) est architecte du roi et membre de l'Académie royale d'architecture. Paysagiste de la lignée de Le Nôtre et spécialiste de l'hydraulique, il dirige avec Pierre Contant d'Ivry puis son gendre Jean-Baptiste Chaussard un cabinet très actif auprès de la noblesse de robe et de la finance. Lauréat du Grand Prix en 1722, académicien en 1732, il accède à la première classe en 1754. Son œuvre majeure est le château de Champlâtreux, reconstruit de 1751 à 1757 pour le président Mathieu-François Molé, avec écuries, orangerie et jardins à la française. On lui doit aussi le château d'Arnouville avec Contant d'Ivry, Petit-Bourg à Évry, le pavillon de Hanovre (1758-1760) remonté à Sceaux en 1932, les jardins d'Orsay et ceux de Belœil, ainsi que plusieurs hôtels parisiens.

Portrait de Jean-Michel Chevotet (1698-1772)
Naissance11 juillet 1698, Paris
Décès4 décembre 1772, Paris
Fonctionarchitecte du roi · membre de l'Académie royale d'architecture (1732), première classe (1754)
ÉpoqueXVIIIe siècle (règne de Louis XV)
Histoire & patrimoine

Champlâtreux, chef-d'œuvre d'un architecte de la robe

La terre de Champlâtreux appartient aux Molé depuis 1567. Mathieu-François Molé, président au Grand Conseil, en entreprend la reconstruction grâce à la fortune de son épouse, fille du financier Samuel Bernard. Il en confie le projet à Chevotet, qui y avait sans doute déjà dessiné les pavillons de garde et les jardins à la française vers 1735-1740. De 1751 à 1757, l'architecte élève le château, les écuries et l'orangerie. Pour tenir les coûts, il recourt à une briqueterie créée sur place et aux matériaux locaux. Le chantier est conduit par son élève Gérard Vermunt ; Structurae chiffre ses honoraires à 20 000 livres et lui attribue aussi l'église Saint-Eutrope (1766). Les jardins réguliers cèdent en 1823 la place à un parc paysager dessiné par les Thouin. Le domaine, classé monument historique en 1989 selon les notices consultées, est resté aux descendants Molé puis Noailles.

Frise chronologique

Repères dans sa vie

11 juillet 1698

Naissance à Paris (baptême à Saint-Sulpice), fils de Jean Chevotet, marchand de vin.

1718-1722

Formé au dessin chez les Audran, élève de Jean-Baptiste Alexandre Le Blond ; il remporte en 1722 le Grand Prix d'architecture avec un projet d'arc de triomphe.

1732

Nommé membre de l'Académie royale d'architecture.

vers 1735-1740

Premiers travaux à Champlâtreux pour les Molé : pavillons de garde sur la route de Luzarches, jardins à la française et demi-lune.

1741-1742

Hôtel Molé à Paris, dit de Roquelaure. En 1741, il épouse Anne Catherine Rémond.

1750-1757

Château d'Arnouville, conduit avec Pierre Contant d'Ivry.

1751-1757

Reconstruction du château de Champlâtreux, des écuries et de l'orangerie pour Mathieu-François Molé. Le chantier est suivi par son élève Gérard Vermunt, et ses honoraires s'élèvent à 20 000 livres.

1754

Accède à la première classe de l'Académie après la mort de Germain Boffrand, ses élections de 1749 et 1751 n'ayant pas été ratifiées. La même année, il travaille aux jardins de Belœil pour les princes de Ligne (jusqu'en 1760).

1756

Château et jardins de Petit-Bourg à Évry pour la famille Chauvelin (détruit en 1944).

1758-1760

Construction du pavillon de Hanovre, rue Neuve-Saint-Augustin, pour le maréchal de Richelieu.

1758-1764

Jardins d'Orsay pour Pierre Gaspard Marie Grimod d'Orsay.

1766

Construction de l'église Saint-Eutrope à Champlâtreux, selon Structurae.

4 décembre 1772

Mort à Paris, rue Béthisy, d'apoplexie ; inhumé à Saint-Germain-l'Auxerrois. Son gendre Chaussard achève ses derniers chantiers, dont Mareuil-sur-Ay.

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

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Réseau historique

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Approfondir

Jean-Michel Chevotet (1698-1772) dans l’histoire

Formation et carrière académique

Issu d'une famille de marchands parisiens, Chevotet apprend le dessin chez les Audran et produit dès 1718 des relevés d'architecture. Élève de Le Blond, il obtient le Grand Prix en 1722. Il entre à l'Académie royale d'architecture en 1732, mais ses élections à la première classe (1749, 1751) ne sont pas ratifiées par le roi ; il n'y accède qu'en 1754, à la mort de Boffrand. Il fournit aussi des planches pour le « Versailles immortalisé » de Monicart et « L'Architecture françoise » de Mariette. La BnF recense près d'une cinquantaine de notices bibliographiques liées à son nom.

Un cabinet de châteaux et de jardins

Avec Pierre Contant d'Ivry puis son gendre Jean-Baptiste Chaussard, Chevotet anime un cabinet qui livre aux grands commis et financiers des demeures « clés en main » et des parcs d'esprit Le Nôtre. Il y réunit savoir hydraulique et art des jardins : Arnouville (1750-1757), Petit-Bourg (1756), les jardins d'Orsay (1758-1764) et ceux de Belœil pour les princes de Ligne. À Paris, il modernise des hôtels (Molé, Béthune-Sully, Perrinet de Jars) et édifie pour le maréchal de Richelieu le pavillon de Hanovre (1758-1760). Ce salon a été sauvé de la démolition en 1930 et remonté dans le parc de Sceaux, où il reste un témoin rare de son art.

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.