Châteauneuf : « être fort et le montrer »
Le service d'archéologie du Vaucluse résume ainsi le programme de Jean XXII à Châteauneuf, alors appelé Calcernier : restaurer les fortifications, ajouter une tour et une seconde enceinte, aménager une salle d'apparat au-dessus d'un cellier. Les travaux, ordonnés en 1317 et achevés en 1333, font du château à la fois une place forte avec garnison, une résidence de prestige et un lieu de stockage. Les registres comptables de la Chambre apostolique, exploités par l'historienne Valérie Theis, documentent commandes, prix et livraisons des chantiers pontificaux de la région, dont celui de Sorgues.
Le devenir du château pontifical
Après le retour de la papauté à Rome, l'entretien du château devient trop lourd et il décline. Pendant les guerres de Religion, il est pris par les protestants en 1562 puis repris et en partie incendié en 1563. En 1892, la tour est classée monument historique ; la commune en est propriétaire. Le 20 août 1944, la garnison allemande, qui y avait entreposé des munitions, fait sauter la partie nord : seuls subsistent le pan sud du donjon et le cellier, transformé en 1960 en salle municipale. Un diagnostic archéologique mené en 2015 a révélé un dallage, deux cours et un fossé jadis franchi par un pont-levis.