Personnalité historique

Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal

baronne de Chantal · sainte de l'Église catholique (canonisée en 1767)

Jeanne-Françoise Frémyot (1572-1641), baronne de Chantal, est une figure majeure de la réforme catholique en Bourgogne et en Savoie. Fille d'un président au parlement de Dijon, elle épouse en 1592 Christophe de Rabutin, baron de Chantal, et tient le château de Bourbilly. Veuve en 1601, elle s'installe avec ses enfants au château de Monthelon, près d'Autun, chez son beau-père. C'est de là qu'elle rencontre François de Sales à Dijon en 1604, avant de quitter la Bourgogne en 1610 pour fonder avec lui à Annecy l'ordre de la Visitation. Morte à Moulins, elle est canonisée en 1767 ; sa petite-fille est la marquise de Sévigné.

Portrait de Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal
Naissancejanvier 1572 (23 ou 28 selon les sources), Dijon
Décès13 décembre 1641 (12 décembre selon certaines sources), monastère de la Visitation de Moulins
Fonctionbaronne de Chantal · sainte de l'Église catholique (canonisée en 1767)
MaisonFrémyot (naissance) ; Rabutin-Chantal (mariage)
ÉpoqueRéforme catholique, fin XVIe – première moitié du XVIIe siècle
Histoire & patrimoine

De Bourbilly à Monthelon : deux châteaux de l'Auxois et de l'Autunois

La vie laïque de Jeanne-Françoise Frémyot se lit à travers deux demeures des Rabutin-Chantal. Mariée en 1592 au baron de Chantal, elle prend en main le château de Bourbilly et y rétablit l'ordre domestique et les finances, selon la Catholic Encyclopedia. La mort accidentelle de son mari en 1601 la conduit ensuite à Monthelon, près d'Autun, où son beau-père l'appelle et où elle s'installe pour préserver les droits de ses enfants. Le séjour, souvent décrit comme éprouvant en raison de l'emprise d'une servante sur la maison, dure jusqu'en 1610.

Frise chronologique

Repères dans sa vie

janvier 1572

Naissance à Dijon, fille de Bénigne Frémyot, président au parlement de Bourgogne.

1592

Mariage avec Christophe de Rabutin, baron de Chantal ; elle administre le château de Bourbilly.

1601

Mort de son mari dans un accident de chasse ; elle reste veuve avec quatre enfants.

1601-1602

Installation au château de Monthelon, chez son beau-père Guy de Rabutin-Chantal.

carême 1604

Rencontre de François de Sales, qui prêche à Dijon et devient son directeur spirituel.

1610

Départ de Monthelon ; fondation de la Visitation à Annecy (6 juin 1610).

1622

Mort de son fils Celse-Bénigne à l'île de Ré, puis de François de Sales en décembre.

décembre 1641

Mort à la Visitation de Moulins ; inhumée à Annecy près de François de Sales.

1751 / 1767

Béatification (1751) puis canonisation (1767).

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

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Réseau historique

Personnalités liées

Approfondir

Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal dans l’histoire

Le château de Monthelon

Monthelon est une maison forte dont la campagne principale remonte au XVe siècle, d'après la base Mérimée qui l'inscrit aux monuments historiques depuis le 7 novembre 1927. Guy de Rabutin-Chantal, qui en avait acheté la seigneurie en 1580, en fit refaire la façade principale. Au XVIIe siècle, le domaine passa par dot à une fille de la famille, puis aux Langheac, avant d'être vendu au XVIIIe siècle ; Antoine Chartraire de Montigny le restaura vers 1774. Propriété privée, il ne se visite pas, mais la paroisse locale conserve des reliques de la sainte et en célèbre la mémoire.

Une vocation née pendant le veuvage

C'est depuis Monthelon que la jeune veuve se rend à Dijon pour le carême de 1604, où prêche l'évêque de Genève François de Sales. Il devient son directeur spirituel et vient la visiter au château à l'occasion du mariage de son frère. Leur collaboration aboutit en 1610 à la fondation à Annecy de la Visitation Sainte-Marie, communauté qui, à l'origine, n'impose pas la clôture. Jeanne quitte alors définitivement le domaine bourguignon.

Fondatrice et autrice spirituelle

Supérieure et fondatrice, elle consacre ses dernières décennies à l'essor de l'ordre et à la cause de canonisation de François de Sales, mort en 1622, l'année où elle perd aussi son fils Celse-Bénigne. Ses lettres et entretiens aux religieuses insistent sur l'humilité, la charité, l'obéissance et l'abandon à la Providence. Elle meurt à la Visitation de Moulins en décembre 1641, au retour d'un voyage, et repose à Annecy auprès de François de Sales. Béatifiée en 1751, elle est canonisée en 1767.

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.