Personnalité historique

Joachim du Bellay

Joachim du Bellay voit le jour vers 1522 à la Turmelière, maison forte de la branche angevine de sa famille sur la paroisse de Liré, au bord de la Loire. Il y passe une vingtaine d'années avant de gagner Poitiers puis Paris, où il s'attache à Ronsard et signe en 1549 la Deffence et illustration de la langue françoyse, manifeste de la future Pléiade. Le séjour romain auprès du cardinal Jean du Bellay (1553-1557) lui inspire les Regrets, où « mon petit Lyré » l'emporte sur le Palatin. Il meurt à Paris le 1er janvier 1560. Les ruines de la Turmelière, inscrites en 1941, et le musée de Liré entretiennent sa mémoire.

Portrait de Joachim du Bellay
Naissancevers 1522 (date incertaine, 1522-1525 selon les auteurs), château de la Turmelière, Liré (Anjou)
Décès1er janvier 1560, Paris
Maisondu Bellay (branche de Gonnord)
ÉpoqueRenaissance
Histoire & patrimoine

La Turmelière, berceau angevin

La Turmelière appartient à la fin du XVe siècle aux Chabot : Jehan Chabot s'y installe en 1472. Par le mariage de sa fille Renée avec Jean du Bellay, seigneur de Gonnord, la maison forte devient le foyer d'une branche cadette de la grande famille angevine. C'est là que naissent René, Catherine et Joachim ; la BnF retient pour le poète l'année 1522, assortie d'un point d'interrogation, car aucun acte ne fixe précisément la date. Joachim y reste jusqu'à une vingtaine d'années, avant de rejoindre l'université de Poitiers. Après sa mort, le domaine passe à sa sœur Catherine et aux du Breil (1562-1643), puis aux La Bourdonnaye, qui le vendent en 1772.

Château de la TurmelièreChâteau de la Turmelière
Frise chronologique

Repères dans sa vie

1472

Jehan Chabot, aïeul maternel du poète, s'installe à la Turmelière.

vers 1522

Naissance de Joachim, fils de Jean du Bellay, seigneur de Gonnord, et de Renée Chabot, au château de la Turmelière (date incertaine).

vers 1542-1546

Après une vingtaine d'années passées à Liré, il part étudier le droit à l'université de Poitiers.

1549

Publication de la Deffence et illustration de la langue françoyse et de L'Olive.

1553-1557

Séjour à Rome dans l'entourage de son cousin le cardinal Jean du Bellay.

1558

Parution des Regrets, où il célèbre « mon petit Lyré » et le « clos de [sa] pauvre maison ».

1er janvier 1560

Mort à Paris.

1562

La Turmelière passe à sa sœur Catherine du Bellay, épouse de Christophe du Breil.

1887

Construction d'un nouveau château dans le parc ; les ruines de l'ancien sont mises en scène comme lieu du sonnet « Heureux qui, comme Ulysse ».

18 octobre 1941

Inscription des vestiges de l'ancien château de la Turmelière aux Monuments historiques.

1958

Ouverture du musée Joachim Du Bellay à Liré, installé depuis 1998 dans le Grand Logis.

1988

La commune de Liré devient propriétaire des ruines du château des du Bellay.

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

1 lieu
Réseau historique

Personnalités liées

Approfondir

Joachim du Bellay dans l’histoire

Le poète de la Pléiade

Les années de formation conduisent du Bellay de Poitiers à Paris, dans le cercle de Ronsard. En 1549, il signe la Deffence et illustration de la langue françoyse, plaidoyer pour un français capable de rivaliser avec les langues anciennes et l'italien, et publie L'Olive, premier recueil de sonnets d'inspiration pétrarquiste. De 1553 à 1557, il vit à Rome dans l'entourage de son cousin le cardinal Jean du Bellay, expérience dont naissent les Antiquités de Rome et les Regrets (1558). Revenu en France, il meurt à Paris le 1er janvier 1560, à moins de quarante ans.

« Mon petit Lyré » : un paysage devenu mémoire

Le sonnet XXXI des Regrets, « Heureux qui, comme Ulysse », oppose le Palatin et les palais romains au « clos de [sa] pauvre maison » et au « petit Lyré ». Ce texte a fait des ruines de la Turmelière un lieu littéraire. À la fin du XIXe siècle, les Thoinnet, alors propriétaires, font bâtir en 1887 un nouveau château et aménagent le parc pour souligner le lien entre les vestiges et le sonnet. Les ruines, les douves et le colombier de l'ancien château sont inscrits aux Monuments historiques le 18 octobre 1941 ; la commune de Liré en devient propriétaire en 1988.

Liré aujourd'hui : musée, sentier et résidence d'écriture

Ouvert en 1958 et installé depuis 1998 dans le Grand Logis, maison de marchand drapier du XVIe siècle, le musée Joachim Du Bellay retrace en quatre salles le parcours du poète. Un sentier d'interprétation d'environ 8 km relie le musée aux ruines de la Turmelière, ponctué d'extraits de poèmes ; la visite des vestiges se réserve auprès de l'association locale. Le château de 1887, acquis en 1945 par la Fédération des Amicales laïques, accueille aujourd'hui l'association La Turmelière, affiliée à la Ligue de l'enseignement, qui y mène depuis 1998 des résidences d'écriture soutenues par le Centre national du livre.

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.