
Maillat
Château de Maillat
Jésuite missionnaire en Chine (1669-1748)
→Mandarin (rang conféré par l'empereur Kangxi)
Joseph-Anne-Marie de Moyria de Mailla (1669-1748), connu des sinologues sous le nom de père de Mailla, est issu de la famille de Moyria, qui tint le château de Maillat, dans le Bugey, pendant près de six siècles. Né le 16 décembre 1669 — au château familial du diocèse de Belley selon la notice du BDCC, alors que d'autres notices anciennes le font naître en Isère (Maillac ou Moirans) — il renonce à ses droits sur le patrimoine en entrant dans la Compagnie de Jésus en 1686. Envoyé en Chine en 1701, il débarque à Macao en 1703, apprend la langue à Canton et exerce dans le Jiangxi avant d'être appelé à Pékin. L'empereur Kangxi le charge, avec les pères Régis et Hinderer, de lever les cartes du Henan, du Zhejiang, du Fujian et de Taïwan entre 1710 et 1714 ; il en reçoit le rang de mandarin. Initié au mandchou vers la cinquantaine, il traduit l'abrégé des annales impériales, le Tongjian gangmu, enrichi pour les dynasties Ming et Qing. Achevée en 1730 et envoyée en France en 1737, cette traduction dort au collège de Lyon avant d'être publiée par l'abbé Grosier de 1777 à 1785 sous le titre Histoire générale de la Chine, première histoire complète du pays en langue européenne. Il meurt à Pékin le 28 juin 1748 et reçoit des funérailles officielles.
Le père de Mailla appartient à la famille de Moyria, dont le nom de branche dérive de la seigneurie de Maillat, dans le Bugey. D'après John W. Witek, il naît au château familial, situé dans le diocèse de Belley et tenu par les siens depuis plus de cinq cents ans, et renonce à tout droit sur ce patrimoine en entrant dans la Compagnie de Jésus. La tradition des notices est toutefois flottante : la Catholic Encyclopedia de 1910 évoque un château « Maillac on the Isère » et la Deutsche Biographie le fait naître à Moirans, en Isère, alors que la New Catholic Encyclopedia retient Maillat (Ain).
Château de MaillatNaissance au château familial de Maillat, dans le diocèse de Belley (Bugey), selon Witek et la New Catholic Encyclopedia ; la Catholic Encyclopedia de 1910 parle d'un château « Maillac on the Isère ».
Entrée dans la Compagnie de Jésus ; il renonce alors à toute prétention sur le patrimoine familial.
Départ pour la Chine en 1701 ; arrivée à Macao en 1703, puis apprentissage de la langue et des textes historiques chinois à Canton.
Sur ordre de l'empereur Kangxi, il participe avec les pères Régis et Hinderer aux levés cartographiques du Henan, du Zhejiang, du Fujian et de Taïwan ; il reçoit le rang de mandarin.
Achève la traduction française du Tongjian gangmu, abrégé des annales chinoises qu'il a étudié dans sa version mandchoue, complété pour les Ming et les Qing.
Envoi du manuscrit en France ; il reste une trentaine d'années à la bibliothèque du collège de Lyon.
Mort à Pékin, dans sa soixante-dix-neuvième année ; il bénéficie de funérailles officielles.
Publication posthume à Paris, par l'abbé Grosier, de l'Histoire générale de la Chine en douze volumes, suivis d'un treizième en 1785.
La mission jésuite de Pékin est mobilisée au début du XVIIIe siècle pour le grand atlas commandé par Kangxi. Mailla prend part, entre 1710 et 1714, aux levés du Henan, du Zhejiang, du Fujian et de Taïwan, avec Jean-Baptiste Régis et Romain Hinderer. Le travail achevé, l'empereur l'élève au rang de mandarin, puis le retient à la cour. Il laisse aussi une description ancienne de Formose, traduite en anglais dès 1774.
Ayant appris le mandchou vers l'âge de cinquante ans, Mailla traduit l'abrégé des annales chinoises dans sa version mandchoue et le prolonge jusqu'à la dynastie régnante. Le manuscrit, terminé en 1730, part pour la France en 1737 mais n'est publié qu'après la suppression des jésuites, par l'abbé Grosier, de 1777 à 1785. Cette somme en treize volumes, accompagnée de cartes et de plans, a longtemps servi de base aux histoires suivies de la Chine écrites en Europe.
1710-1714 · Cartographie du Henan, du Zhejiang, du Fujian et de Taïwan avec Régis et Hinderer.
Chine1748-06-28 · Funérailles officielles à Pékin.
PékinCette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.