Châteauneuf-de-Gadagne
Font-Ségugne
cofondateur du Félibrige
→Capoulié du Félibrige (1888-1891) · Primadié (fondateur) du Félibrige
Poète de langue provençale né à Saint-Rémy-de-Provence en 1818, Joseph Roumanille est l'un des sept fondateurs du Félibrige, réunis au domaine de Font-Ségugne, à Châteauneuf-de-Gadagne, le 21 mai 1854. Ancien répétiteur à Avignon, où il eut Frédéric Mistral pour élève, il prépare le terrain du mouvement avec l'anthologie Li Prouvençalo (1852) et une graphie qui deviendra la norme mistralienne. Installé comme libraire-éditeur rue Saint-Agricol à Avignon, il fait de sa boutique un foyer félibréen et y publie l'Armana prouvençau et Mirèio. Il succède à Mistral comme capoulié en 1888 et meurt à Avignon en 1891 ; il repose à Saint-Rémy.
Le lien de Roumanille avec Font-Ségugne tient à une journée : le 21 mai 1854, sept jeunes poètes provençaux se retrouvent sur le plateau de Campbeau, à Châteauneuf-de-Gadagne, dans la propriété de la famille Giéra. Roumanille y siège aux côtés de Mistral, Aubanel, Mathieu, Brunet, Tavan et de leur hôte Paul Giéra ; c'est là que naît le Félibrige, association vouée à la restauration de la langue provençale. La commune revendique depuis le titre de « berceau du Félibrige ». Il faut toutefois distinguer le lieu et le bâtiment : la demeure italianisante que l'on voit aujourd'hui est datée de 1860, soit six ans après la réunion fondatrice. Le domaine, devenu propriété viticole privée, ne se visite pas comme un musée.
Naissance à Saint-Rémy-de-Provence, aîné d'une famille de paysans aisés.
Études au collège de Tarascon, puis emploi de clerc de notaire dans cette ville.
Maître d'études à Nyons puis au pensionnat Dupuy d'Avignon, où il compte Frédéric Mistral et Anselme Mathieu parmi ses élèves.
Premier recueil de vers provençaux, Li Margarideto (Les Pâquerettes).
Publie l'anthologie collective Li Prouvençalo et pose les principes d'une nouvelle orthographe du provençal.
Fondation du Félibrige au domaine de Font-Ségugne (Châteauneuf-de-Gadagne) avec Mistral, Aubanel, Mathieu, Giéra, Brunet et Tavan.
S'établit libraire-éditeur à Avignon ; parution du premier Armana prouvençau.
Succède à Frédéric Mistral comme deuxième capoulié du Félibrige.
Mort à Avignon ; inhumé à Saint-Rémy-de-Provence dans la tombe de ses parents.
Avant Font-Ségugne, Roumanille a déjà réuni les futurs félibres. Maître d'études au pensionnat Dupuy d'Avignon, il y repère le jeune Frédéric Mistral et Anselme Mathieu. Ses premiers vers provençaux paraissent en 1847, puis il rassemble en 1852 dans Li Prouvençalo des textes de poètes de sa génération ; Larousse voit dans ce recueil l'impulsion décisive qui fédéra le groupe. Il élabore aussi une orthographe du provençal, adoptée ensuite par le Félibrige et connue sous le nom de graphie mistralienne, alors qu'elle doit beaucoup à son travail.
À partir de 1855, Roumanille s'établit libraire-imprimeur à Avignon. Sa boutique de la rue Saint-Agricol devient un lieu de rencontre et la maison d'édition du mouvement : elle publie l'Armana prouvençau, l'almanach annuel lancé dès 1855, et Mirèio de Mistral. L'entreprise lui survit : sa fille Thérèse, reine du Félibrige en 1885, revient d'Indochine après la mort de son mari Jules Boissière en 1897 et dirige la librairie et les publications pendant une trentaine d'années.
Roumanille, capoulié du Félibrige de 1888 à sa mort, s'éteint à Avignon le 24 mai 1891 ; il est inhumé à Saint-Rémy-de-Provence, sa ville natale. La bibliothèque municipale de Saint-Rémy porte son nom et conserve un fonds Joseph Roumanille ainsi que les archives de sa fille Thérèse, déposés en 2015 par ses descendants et signalés au Catalogue collectif de France.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.