
Labastide-d'Armagnac
Château du Prada
Écrivain, séjourna à plusieurs reprises au château au XIXe siècle
→Romancier, nouvelliste et critique normand, Jules Barbey d'Aurevilly (1808-1889), surnommé le « Connétable des lettres », est l'auteur d'Une vieille maîtresse, de L'Ensorcelée, du Chevalier des Touches et des Diaboliques. Son œuvre s'enracine dans le Cotentin de son enfance, entre Saint-Sauveur-le-Vicomte et Valognes. Elle a pourtant un prolongement gascon : à partir des années 1850, il se rend à Labastide-d'Armagnac auprès de la baronne de Bouglon, son « Ange blanc ». Il séjourne à plusieurs reprises au château du Prada, demeure de cette famille de militaires élevée vers 1764, et il y travaille fin 1855 au Chevalier des Touches.
Barbey naît le 2 novembre 1808 à Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans la maison de son grand-oncle. Il passe une partie de son enfance chez ses grands-parents, puis vit à Valognes chez son oncle Pontas du Méril. Les récits chouans entendus dans l'enfance nourrissent L'Ensorcelée et Le Chevalier des Touches. Après une longue brouille familiale, il revient régulièrement dans la Manche à partir de 1856 : il loge rue Bottin-Desylles à Saint-Sauveur, puis, chaque été de 1872 à 1887, à l'hôtel de Grandval-Caligny à Valognes, où il achève Les Diaboliques. Sa maison familiale abrite aujourd'hui le musée qui lui est consacré, et ses restes reposent depuis 1926 au château de Saint-Sauveur.
Château du PradaNaissance à Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans le Cotentin.
Il vit à Valognes chez son oncle Pontas du Méril, maire de la ville.
Études au collège Stanislas à Paris, puis en droit à Caen à partir de 1831. En 1833, il rompt avec sa famille et s'installe à Paris.
Parution d'Une vieille maîtresse. Sous l'influence de la baronne de Bouglon, il approfondit son retour au catholicisme et envisage de l'épouser.
Fin 1855, il séjourne à Labastide-d'Armagnac auprès de la baronne de Bouglon et y travaille au Chevalier des Touches.
Il se réconcilie avec sa famille et retourne dans le Cotentin.
Il s'installe au 25 rue Rousselet à Paris, son domicile jusqu'à sa mort.
Publication du Chevalier des Touches.
Les Diaboliques paraissent et valent à leur auteur des poursuites judiciaires.
Il passe chaque été à Valognes, à l'hôtel de Grandval-Caligny.
Mort à Paris. Inhumé à Montparnasse, il est transféré à Saint-Sauveur-le-Vicomte en 1926.
Le Prada est une demeure élevée vers 1764 pour la famille de Bouglon, lignée de militaires de Labastide-d'Armagnac. Les sources touristiques l'attribuent à Victor Louis, attribution que la notice Mérimée ne reprend pas. Au début des années 1850, Barbey se lie avec la baronne de Bouglon, qu'il nomme son « Ange blanc ». Elle accompagne son retour à la foi catholique, et il songe à l'épouser. La notice des monuments historiques note qu'il séjourna à plusieurs reprises au Prada au XIXe siècle. Fin 1855, il travaille à Labastide au Chevalier des Touches. Les présentations touristiques racontent qu'il logeait à l'auberge du village : la nature exacte de l'hébergement varie donc selon les sources, mais ses passages à Labastide sont bien attestés. Le fils de la baronne, Raymond, surnommé « Jaspe », reçut de lui des ouvrages dédicacés.
Le château du Prada est inscrit partiellement au titre des monuments historiques par arrêté du 28 décembre 1984. La protection couvre la grille d'entrée, les façades et toitures du corps de logis et des dépendances, les cheminées de pierre et l'escalier. Le corps de logis compte neuf travées. Le vestibule a un décor néoclassique, et le salon comme la salle à manger conservent des lambris de la fin du règne de Louis XV. Propriété privée, le domaine se visite et produit de l'armagnac, conservé dans ses chais.
Venu à Paris en 1833, Barbey mène d'abord une vie de dandy, puis vit de la critique littéraire et du journalisme. À partir de 1846, il se range du côté catholique et royaliste. Une vieille maîtresse (1851), L'Ensorcelée, Le Chevalier des Touches (1864) et Un prêtre marié installent sa réputation. Les Diaboliques (1874) lui valent des poursuites pour atteinte aux mœurs. Installé au 25 rue Rousselet, il y reçoit les Goncourt, Daudet, Anatole France ou Manet, et y meurt le 23 avril 1889.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.