
Gouffern en Auge (Le Bourg-Saint-Léonard)
Château du Bourg-Saint-Léonard
commanditaire
→Baron du Bourg · Chevalier de l'ordre de Saint-Michel (1761) · Gouverneur d'Alençon et du château de Brunoy
Jules-David Cromot (vers 1725-1786), dit Cromot du Bourg, est un grand commis des finances de Louis XV devenu surintendant de la maison du comte de Provence, le futur Louis XVIII. Fils d'un capitaine bourguignon anobli, baptisé à Avallon, il fait carrière au Contrôle général sous Machault, Bertin et L'Averdy, et cumule l'office de contrôleur général du marc d'or. En 1756, il acquiert dans l'Orne la terre du Bourg, près d'Argentan, érigée en baronnie à son profit. Il y conduit une véritable opération d'urbanisme seigneurial : l'ancien manoir et le village sont rasés, le château actuel est édifié de 1763 à 1767 dans le goût classique de la fin du règne de Louis XV, et la nouvelle église paroissiale Saint-Léonard est rebâtie à ses frais à partir de 1767. L'ancienne église, dont les vestiges subsistent sous l'orangerie, disparaît en 1768. Le château, ses écuries, son orangerie et son jardin sont classés monument historique en 1942 ; légué à la commune par Henriette de Forceville, le domaine se visite aujourd'hui. À Paris, Cromot possède aussi un hôtel rue Cadet, réaménagé par Chalgrin, dont la cour est devenue le jardin Cromot-du-Bourg.
L'achat de la terre du Bourg en 1756 permet à Cromot d'ancrer en Normandie une fortune acquise dans l'administration des finances royales. Le domaine, d'environ 500 hectares surtout boisés, était passé des du Barquet aux Vassy, qui le vendent avec mobilier et tapisseries. Le nouveau seigneur ne se contente pas de moderniser l'ancien manoir : il fait disparaître le village et son église pour dégager une composition régulière autour d'un château neuf, élevé de 1763 à 1767 au fond d'un jardin à la française. L'Inventaire atteste que l'ancienne église, signalée comme menaçant ruine en 1767, est détruite en 1768 avec le bourg, et que la nouvelle église Saint-Léonard est reconstruite aux frais de Cromot. L'ancienne église a été remployée en orangerie et le manoir en écuries.
Château du Bourg-Saint-LéonardNaissance ; baptisé à Avallon, aîné des seize enfants de Charles-Robert Cromot, capitaine au régiment de Tavannes, et de Marguerite-Charlotte Boudrey.
Entre comme commis aux finances ; il deviendra premier commis du Contrôle général sous Machault, Bertin et L'Averdy.
Titulaire de l'office de contrôleur général et alternatif du marc d'or.
Acquiert la terre du Bourg (Bourg-Baquet), près d'Argentan, érigée la même année en baronnie.
Achète à son oncle François Boudrey un hôtel rue Cadet, à Paris, plus tard transformé par l'architecte Chalgrin.
Construction du nouveau château du Bourg-Saint-Léonard, à la place de l'ancien manoir, dans le style classique de la fin du règne de Louis XV.
Reconstruction de l'église paroissiale Saint-Léonard à ses frais ; l'ancienne église et le bourg sont détruits en 1768 pour dégager le site du château.
Nommé surintendant des finances de Monsieur, comte de Provence (1771), puis surintendant de ses Bâtiments, Manufactures, Arts et Jardins (1774).
Obtient la forêt d'Argentan, contiguë à son domaine, en échange des vicomtés d'Argentan et d'Exmes.
Mort ; inhumé à Brunoy. Son fils Anne David Sophie Cromot de Fougy lui succède comme surintendant.
Premier commis au Contrôle général sous plusieurs ministres, Cromot supervise sous L'Averdy le Journal du commerce, de l'agriculture et des finances, puis perd son poste à la chute de ce dernier en 1768. Il rebondit dans la maison du comte de Provence : surintendant des finances en 1771, puis des bâtiments, manufactures, arts et jardins en 1774, il pèse sur les commandes artistiques de Monsieur et favorise le goût néoclassique. Sa rivalité avec Necker, dont il fait circuler un mémoire secret sur les assemblées provinciales, contribue à la démission du ministre en 1781.
Après l'émigration, son fils Maxime recouvre le château en 1814. Le domaine passe ensuite à plusieurs familles, dont celle de Prosper de Chasseloup-Laubat, ministre de la Marine, puis aux Forceville. Henriette de Forceville le lègue à la commune à condition d'y créer un musée et de l'ouvrir au public. Classé monument historique en 1942 (château, écuries, orangerie, bâtiments des jardiniers et du concierge, jardin), le château est occupé puis bombardé en 1944. Il se visite aujourd'hui ; le boudoir chinois et la bibliothèque ont été restaurés.
1763-1767 · Château classique Louis XV élevé pour Jules-David Cromot.
Le Bourg-Saint-Léonard (Orne)1767-1768 · Église reconstruite aux frais de M. de Cromot, l'ancienne étant détruite avec le bourg en 1768.
Le Bourg-Saint-Léonard (Orne)Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.