
Le Quesnoy
Château comtal du Quesnoy
architecte, projet d'aile nouvelle
→architecte ordinaire du roi · membre de l'Académie royale d'architecture
Libéral Bruand (ou Bruant), mort en 1697, est l'un des grands architectes du règne de Louis XIV : architecte et ingénieur du roi, membre de la première Académie royale d'architecture, il conçoit l'Hôtel royal des Invalides (1671-1676) et de nombreuses demeures pour la noblesse et la finance. Son nom est aussi attaché au Quesnoy, place du Hainaut devenue française : selon la notice Mérimée de l'ancien château comtal, il dressa en qualité d'architecte ordinaire du roi les plans d'une nouvelle aile, le nouveau corps de logis étant reconstruit à partir de 1681 sur des structures médiévales. Le château, inscrit monument historique en 2016, conserve ainsi une strate classique due à son projet.
Libéral Bruand appartient à la génération qui structure la profession d'architecte sous Louis XIV. Selon la thèse de Joëlle Barreau, il cumule l'ensemble des fonctions de la construction de son temps : architecte de particuliers, ingénieur au service du roi et membre fondateur de l'Académie royale d'architecture. Fondée sur les minutes notariales inédites du Minutier central, cette monographie confirme quatorze œuvres déjà attribuées, en ajoute vingt-trois et en écarte quatre. Elle souligne aussi son rôle dans la mise au point de la « maison de maître », héritière des hôtels parisiens des années 1630-1650, et un style fait de respect du programme, de clarté du plan et de sobriété ornementale.
Château comtal du QuesnoyNaissance ; la thèse de Joëlle Barreau retient 1631, d'autres ouvrages de référence donnent une date plus tardive.
Construction de l'Hôtel royal des Invalides à Paris, son œuvre majeure.
Compte parmi les premiers membres de l'Académie royale d'architecture fondée cette année-là.
Au Quesnoy, reconstruction du corps de logis du château comtal d'après les plans d'une nouvelle aile dressés par Bruand, architecte ordinaire du roi.
Mort de l'architecte.
Soutenance de la thèse de Joëlle Barreau, première monographie qui confirme 14 œuvres, lui en attribue 23 nouvelles et en écarte 4.
Inscription de l'ancien château comtal du Quesnoy au titre des monuments historiques.
Le Quesnoy, ancienne résidence des comtes de Hainaut, est entré dans le royaume de France après le traité des Pyrénées. Le château comtal, fondé vers 1160, formait un vaste polygone d'une vingtaine de côtés cerné de fossés, avec un logis au sud et une chapelle à deux niveaux à l'est. D'après la notice Mérimée, Bruand, en sa qualité d'architecte ordinaire du roi, dresse les plans d'une nouvelle aile ; le nouveau corps de logis est reconstruit à partir de 1681. Les travaux s'appuient sur l'existant : deux niveaux de caves, peut-être romans, sont renforcés au XVIIe siècle, et la porte d'entrée de la seconde moitié du XIIe siècle reçoit alors un habillage classique. La notice ne précise pas jusqu'où le projet de Bruand fut exécuté.
Le château du Quesnoy a ensuite été transformé à de nombreuses reprises : avant 1754, la galerie est divisée en cinq pièces et un couloir ; dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le pavillon dit de Cernay est reconstruit sur des caves anciennes ; en 1928, l'installation de la Garde républicaine mobile entraîne de nouveaux travaux. L'ensemble, propriété communale, est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 2 février 2016. La fiche Mérimée retient Bruand comme seul auteur nommé de l'édifice, ce qui fait de ce site du Hainaut l'un des rares témoignages de son activité hors de Paris.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.