
Quimperlé
Château de Lézardeau
propriétaire, maire et député, fondateur d'une école d'irrigation (1861)
→comte
Louis Marie Corentin du Couëdic de Kergoaler (1810-1898) est un notable de Quimperlé dont le nom reste attaché au domaine du Lézardeau. En 1836, il rachète le manoir familial, vendu comme bien national pendant la Révolution, et le transforme en une grande exploitation agricole de plus de deux cents hectares d'un seul tenant, organisée autour d'un réseau d'irrigation des prairies. Pour cette résidence, il fait agrandir le logis de pavillons latéraux et décorer les intérieurs. En 1846, l'architecte quimpérois Joseph Bigot y élève une chapelle néogothique, tandis que les frères Bühler dessinent le parc. Agronome convaincu, il obtient de l'État la création d'une école pratique d'irrigation et de drainage, qui ouvre en novembre 1861 sur ses terres. Pendant plus de vingt ans, elle est la seule de ce type en France. Il mène en parallèle une carrière politique : conseiller général, député en 1849-1851 puis de 1857 à 1870, maire de Quimperlé de 1860 à 1870. Battu en 1876 et endetté, il voit le domaine vendu. Il meurt en Belgique, chez sa fille, en 1898. Le logis du Lézardeau, aujourd'hui propriété communale, abrite des logements sociaux depuis 1996.
Le Lézardeau est un manoir quimperlois documenté dès le XVIe siècle. Il entre au XVIIIe siècle dans la famille Du Couëdic, qui en remanie probablement les intérieurs, puis est confisqué et vendu sous la Révolution. Louis du Couëdic le rachète en 1836. Il ajoute des pavillons latéraux au logis du XVIIe siècle, fait décorer les pièces et commande à Joseph Bigot une chapelle néogothique, achevée en 1846. Les frères Bühler aménagent le parc. Selon l'Inventaire, le bâtiment illustre bien l'évolution de l'architecture des demeures nobles du XVIIe au milieu du XIXe siècle.
Château de LézardeauNaissance à Quimperlé de Louis Marie Corentin du Couëdic de Kergoaler. Il est le fils de Thomas Jean Marie du Couëdic, officier de marine, et de Marie-Claudine de Chanteloup.
Il rachète le château familial du Lézardeau et ses terres, aliénés comme bien national en 1793.
Construction d'une chapelle néogothique près du château, sur les plans de Joseph Bigot. Le parc est dessiné par les frères Bühler.
Député à l'Assemblée législative, jusqu'au coup d'État du 2 décembre 1851.
Député du Finistère au Corps législatif : élu en 1857, réélu en 1863 et en 1869. Il est aussi maire de Quimperlé de 1860 à 1870.
Une convention de neuf ans avec l'État crée sur ses terres une école pratique d'irrigation et de drainage. Le comte fournit les locaux, cinq hectares et un troupeau, et l'école ouvre en novembre 1861.
Publication d'un plan topographique de prairies irriguées du domaine du Lézardeau, sous le nom du comte du Couëdic, député.
Battu aux élections législatives par Corentin Guyho. Ses dettes conduisent ensuite à la vente du domaine, que ses enfants liquident de 1883 à 1886.
Décès en Belgique, chez sa fille.
Dès les années 1840, le comte réunit plus de 200 hectares d'un seul tenant et y aménage l'irrigation des prairies, à partir des eaux et des engrais jusque-là perdus. En 1859, il obtient des cours d'agriculture pour les écoles de Quimperlé. Avec l'appui de l'empereur, il fait ensuite créer une école pratique d'irrigation et de drainage, financée par l'État et ouverte en novembre 1861, à laquelle il fournit locaux, terres et bétail. Une convention de 1866 étend le dispositif à Rozglas (Mellac). L'école, plus tard reprise par James de Kerjégu, ferme au début du XXe siècle : l'Inventaire donne 1910, l'historien Alain Pennec une décision de décembre 1908.
D'abord légitimiste, Du Couëdic siège comme député en 1849-1851, puis se rallie à l'Empire. Il est élu au Corps législatif en 1857, en 1863 et en 1869, et nommé maire de Quimperlé de 1860 à 1870. La chute de l'Empire marque la fin de son influence : battu en 1876 et accablé de dettes, il perd le Lézardeau et finit sa vie en Belgique.
1861-11 · Fondée par convention avec l'État, elle a été pendant plus de vingt ans la seule école de ce type en France.
Lézardeau, QuimperléCette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.