Une formation européenne et protestante
Issu d'une famille d'épée de vieille noblesse convertie à la Réforme au milieu du XVIe siècle, puis contrainte d'abjurer à la révocation de l'édit de Nantes, Jaucourt grandit dans un protestantisme clandestin. Envoyé jeune à l'étranger sous le nom de Louis de Neufville, il étudie la théologie à Genève, les mathématiques et la physique à Cambridge, puis la médecine à Leyde où il est reçu docteur en 1730 sous Boerhaave. Polyglotte, il collabore dès 1728 à des périodiques savants et publie en 1734 une Vie de Leibniz. Son grand Lexicon medicum universale, en six volumes, disparaît dans un naufrage au large de la Hollande.
« L'esclave de l'Encyclopédie »
Sollicité par Diderot en 1751, Jaucourt devient, à partir du deuxième volume et plus encore après le départ de d'Alembert, la cheville ouvrière des derniers tomes de texte. On lui attribue environ 17 000 articles sur quelque 70 000, dont des entrées politiques comme Liberté, République ou Esclavage, même si les attributions restent discutées. Il travaille sans rémunération et paie de ses deniers les secrétaires qui l'assistent, ce qui lui vaut chez Diderot le surnom d'« esclave de l'Encyclopédie ». Ses travaux lui ouvrent la Royal Society et les académies de Berlin, Stockholm et Bordeaux.
Combreux : un autre Jaucourt
Le château de Combreux, à Tournan-en-Brie, est parfois rattaché à tort à l'encyclopédiste. La demeure actuelle a été élevée à partir de 1770 pour Louis Pierre de Jaucourt (1726-1813), puis transmise à son fils François-Arnail, marquis de Jaucourt (1757-1852), ministre de la Marine sous la Restauration et pair de France protestant, mort au château. Le Musée protestant présente le chevalier comme le grand-oncle de François-Arnail. Aucune source consultée ne fait séjourner l'encyclopédiste à Combreux : ce domaine relève de la branche familiale suivante.