Personnalité historique

Louis de Jaucourt (le chevalier de Jaucourt)

chevalier de Jaucourt · membre de la Royal Society de Londres · membre des académies de Berlin (1764), Stockholm et Bordeaux

Né à Paris en 1704 dans une famille noble protestante de cœur sous des dehors catholiques, le chevalier Louis de Jaucourt est formé à Genève, Cambridge et Leyde, où il obtient un doctorat en médecine auprès de Boerhaave. Rentré en France en 1738, il rejoint l'Encyclopédie de Diderot en 1751 et en devient le contributeur le plus prolifique, avec environ 17 000 articles, souvent rédigés à ses frais. Le château de Brinon-sur-Beuvron, dans la Nièvre, le retient comme « habitant célèbre » et la tradition locale y situe une partie de son travail encyclopédique. Il meurt à Compiègne en 1779. À ne pas confondre avec son parent Louis Pierre de Jaucourt (1726-1813), bâtisseur du château de Combreux.

Portrait de Louis de Jaucourt (le chevalier de Jaucourt)
Naissanceseptembre 1704 (16 ou 27 selon les sources), Paris
Décès3 février 1779, Compiègne (la BnF retient 1780)
Fonctionchevalier de Jaucourt · membre de la Royal Society de Londres
Maisonfamille de Jaucourt
ÉpoqueXVIIIe siècle — Lumières
Histoire & patrimoine

Brinon-sur-Beuvron, la demeure nivernaise

Le principal ancrage patrimonial du chevalier est le château de Brinon-sur-Beuvron, dans la Nièvre : une plate-forme cernée de douves en eau, dont subsistent quatre tours et un logis en équerre, élevé par les Rabutin à la fin du XVe siècle puis remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles. La notice Mérimée, qui enregistre son inscription partielle au titre des monuments historiques le 21 mars 1983, mentionne Louis de Jaucourt parmi ses habitants célèbres. La tradition locale veut qu'il ait rédigé une partie de ses articles de l'Encyclopédie dans l'une des tours, et une rue du bourg porte son nom ; ce détail de la tour n'a pas été retrouvé dans une source institutionnelle. Le château, propriété privée, ne s'ouvre qu'aux Journées du patrimoine.

Frise chronologique

Repères dans sa vie

septembre 1704

Naissance à Paris, cadet d'une famille noble de vieille souche, convertie à la Réforme au XVIe siècle puis contrainte d'abjurer après 1685.

1720-1723

Études de théologie réformée à Genève, sous le nom d'emprunt de Louis de Neufville.

années 1720

Trois ans de mathématiques et de physique à Cambridge.

1730

Doctorat en médecine à Leyde, auprès de Herman Boerhaave.

1734

Publie une Vie de Leibniz en tête d'une édition des Essais de Théodicée.

1738

Retour en France.

1751-1752

Diderot l'associe à l'Encyclopédie ; sa collaboration devient centrale à partir du tome II.

1764

Élu à l'Académie de Berlin.

3 février 1779

Mort dans sa maison de Compiègne, vendue au libraire Le Breton qui l'y laissait vivre gratuitement ; inhumé au cimetière Saint-Jacques.

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

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Réseau historique

Personnalités liées

Approfondir

Louis de Jaucourt (le chevalier de Jaucourt) dans l’histoire

Une formation européenne et protestante

Issu d'une famille d'épée de vieille noblesse convertie à la Réforme au milieu du XVIe siècle, puis contrainte d'abjurer à la révocation de l'édit de Nantes, Jaucourt grandit dans un protestantisme clandestin. Envoyé jeune à l'étranger sous le nom de Louis de Neufville, il étudie la théologie à Genève, les mathématiques et la physique à Cambridge, puis la médecine à Leyde où il est reçu docteur en 1730 sous Boerhaave. Polyglotte, il collabore dès 1728 à des périodiques savants et publie en 1734 une Vie de Leibniz. Son grand Lexicon medicum universale, en six volumes, disparaît dans un naufrage au large de la Hollande.

« L'esclave de l'Encyclopédie »

Sollicité par Diderot en 1751, Jaucourt devient, à partir du deuxième volume et plus encore après le départ de d'Alembert, la cheville ouvrière des derniers tomes de texte. On lui attribue environ 17 000 articles sur quelque 70 000, dont des entrées politiques comme Liberté, République ou Esclavage, même si les attributions restent discutées. Il travaille sans rémunération et paie de ses deniers les secrétaires qui l'assistent, ce qui lui vaut chez Diderot le surnom d'« esclave de l'Encyclopédie ». Ses travaux lui ouvrent la Royal Society et les académies de Berlin, Stockholm et Bordeaux.

Combreux : un autre Jaucourt

Le château de Combreux, à Tournan-en-Brie, est parfois rattaché à tort à l'encyclopédiste. La demeure actuelle a été élevée à partir de 1770 pour Louis Pierre de Jaucourt (1726-1813), puis transmise à son fils François-Arnail, marquis de Jaucourt (1757-1852), ministre de la Marine sous la Restauration et pair de France protestant, mort au château. Le Musée protestant présente le chevalier comme le grand-oncle de François-Arnail. Aucune source consultée ne fait séjourner l'encyclopédiste à Combreux : ce domaine relève de la branche familiale suivante.

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.