Près de six ans de captivité
Après le fiasco de Boulogne, le prince est condamné le 6 octobre 1840 à la détention perpétuelle au fort de Ham. Il y dispose d'un petit appartement et d'une bibliothèque, et peut recevoir des visites. Le docteur Henri Conneau, condamné avec lui, partage cette réclusion. La Fondation Napoléon parle de cinq ans et demi de détention ; Somme Tourisme arrondit à six ans. La notice Mérimée cite son nom aux côtés de celui de Mirabeau parmi les détenus célèbres de la prison d'État.
L'« université de Ham » : écrire depuis la cellule
La détention à Ham est aussi une période de travail intellectuel intense. Le prisonnier y fait paraître des Fragments historiques sur 1688 et 1830, une étude sur la question des sucres, une nouvelle édition de son Manuel d'artillerie, L'Extinction du paupérisme et un projet de canal interocéanique au Nicaragua. L'historienne Juliette Glikman montre comment cette captivité, d'abord ridicule aux yeux de l'opinion, devient le socle d'une renaissance politique : le prince publie des pamphlets contre le régime, rencontre des républicains et se donne l'image d'un défenseur des classes populaires.
L'évasion de 1846 et la légende de Badinguet
Le 25 mai 1846, Louis-Napoléon quitte la forteresse en habit d'ouvrier : la Fondation Napoléon parle d'un peintre, Larousse et Somme Tourisme d'un maçon. Il gagne Londres deux jours plus tard. Le docteur Conneau a une part décisive dans la préparation de la fuite. Ses adversaires lui accolent ensuite le nom de « Badinguet », associé à l'ouvrier dont il aurait emprunté la tenue. L'épisode devient un élément durable de la mémoire du site, que la notice Mérimée qualifie d'évasion spectaculaire. Deux ans plus tard, l'évadé de Ham est élu président de la République.