
Parcieux
Château de Grange Blanche
Poétesse, résidente jusqu'en 1565
→Louise Labé est une poétesse lyonnaise, née vers 1522-1524 et morte en 1566. Fille du cordier Pierre Charly, dit Labé, et épouse du cordier Ennemond Perrin, elle est surnommée « la Belle Cordière ». En 1555, l'imprimeur lyonnais Jean de Tournes publie ses Œuvres : une épître dédicatoire à Clémence de Bourges, le Débat de Folie et d'Amour, trois élégies et vingt-quatre sonnets. Sa vie se partage entre Lyon, où le couple achète une maison avec jardin en 1551, et le domaine de Parcieux-en-Dombes, au bord de la Saône, acquis en 1557, que la tradition locale identifie au château de Grange Blanche. Elle y meurt en 1566 et y est inhumée.
La géographie de Louise Labé se lit en deux pôles. À Lyon, ville de la soie, de l'imprimerie et des banquiers italiens, elle grandit dans une famille de cordiers aisés. Le couple qu'elle forme avec Ennemond Perrin acquiert en 1551 une maison dotée d'un grand jardin. C'est aussi à Lyon que l'atelier de Jean de Tournes imprime ses Œuvres en 1555. En 1557, elle acquiert un domaine à Parcieux-en-Dombes, à quelques lieues en amont, sur la rive gauche de la Saône. Pour les notables lyonnais de la Renaissance, ce type de propriété rurale servait de retraite et de placement, à l'écart des épidémies qui frappaient la ville.
Château de Grange BlancheNaissance à Lyon, fille du cordier Pierre Charly, dit Labé.
Mariage avec Ennemond Perrin, maître cordier lyonnais.
Le couple achète une maison avec un grand jardin à Lyon.
Publication des Œuvres à Lyon chez Jean de Tournes : sonnets, élégies et Débat de Folie et d'Amour.
Acquisition d'un domaine à Parcieux-en-Dombes, au nord de Lyon, sur la rive gauche de la Saône.
Malade, elle rédige son testament à Lyon, chez le banquier florentin Thomas Fortin, qui en est l'exécuteur.
Mort à Parcieux, dans sa propriété de Grange Blanche, et inhumation sur le domaine.
Mireille Huchon publie Louise Labé, une créature de papier, thèse contestée d'une œuvre collective.
La mémoire locale rattache le domaine de Parcieux au château de Grange Blanche. La Communauté de communes Dombes Saône Vallée rappelle que la « Belle Cordière » y est morte en 1566. L'édifice est décrit comme une demeure du XVIe siècle restaurée sous Louis XV, dont le corps de logis est flanqué de quatre pavillons et de tourelles. Les sources consultées ne précisent pas ce que Louise Labé y a fait bâtir ou modifier : le lien documenté est celui de propriétaire, avec l'acquisition de 1557, le décès et l'inhumation sur le domaine. Son testament, dicté à Lyon le 28 avril 1565 chez Thomas Fortin, montre qu'elle partageait encore ses dernières années entre la ville et la campagne. La date du décès varie selon les sources, la plupart retenant 1566.
Le volume de 1555 est mince : une épître dédicatoire à Clémence de Bourges, un dialogue en prose, trois élégies, vingt-quatre sonnets et des pièces d'hommage signées de contemporains. Il a pourtant fait de son autrice une figure majeure du lyrisme renaissant, que Britannica rattache à l'école lyonnaise dominée par Maurice Scève. Sa présence dans l'espace public lyonnais en témoigne, des bustes du XIXe siècle au bronze d'Ipoustéguy place Louis-Pradel (1982). En 2006, la thèse de Mireille Huchon sur une possible « créature de papier » a relancé le débat sur l'autorité de l'œuvre, sans remettre en cause l'existence historique de la femme ni ses actes notariés.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.