Clermont-Ferrand
Clarus Mons
Prise de la forteresse en 761
→roi des Francs (751-768)
Premier roi carolingien, Pépin le Bref (714/715-768) passe une grande partie de la fin de son règne en guerre contre Waïfre, duc d'Aquitaine. En 761, ses troupes entrent en Auvergne et prennent plusieurs places fortes, dont la forteresse de la cité des Arvernes, le Claremontem castrum décrit par le continuateur de Frédégaire. Défendue par le comte Blandin et des contingents gascons, la place est incendiée, et Blandin est fait prisonnier. Le nom de ce « château du mont clair » finit par désigner la ville elle-même, Clermont, à la place de l'ancien nom d'Arvernis.
Le conflit entre le roi franc et Waïfre, duc d'Aquitaine, éclate vraiment en 761. Waïfre a lancé des incursions vers la Bourgogne ; Pépin réplique en portant la guerre en Auvergne, au nord du duché. Le continuateur de Frédégaire, qui écrit pour la famille carolingienne, énumère les places prises dans l'année : Bourbon, Chantelle, puis Clermont. Les historiens militaires, notamment Bernard Bachrach (Speculum, 1974), voient dans ces castra les éléments d'un vrai réseau défensif aquitain. Leurs garnisons y sont tenues par des comtes et renforcées de contingents gascons.
Naissance de Pépin, fils de Charles Martel.
Il est élu roi des Francs à Soissons, après la déposition de Childéric III, dernier roi mérovingien.
Le pape Étienne II le sacre à Saint-Denis avec ses fils Carloman et Charles.
Campagne en Auvergne contre Waïfre : il prend Bourbon, Chantelle et la forteresse de Clermont, qui est incendiée. Le comte Blandin est capturé.
Il mène une série de campagnes contre le duché d'Aquitaine jusqu'à la mort de Waïfre.
Mort de Pépin à Saint-Denis, où il est inhumé.
Selon le récit franc, la cité des Arvernes (urbs Arverna) est ravagée et sa forteresse, le Claremontem castrum, prise d'assaut puis incendiée. Le comte Blandin est fait prisonnier ; selon le continuateur, de nombreux habitants périssent dans les flammes, un massacre dont les Annales royales ne parlent pas. L'épisode compte aussi pour la toponymie. Le nom de la forteresse, le « mont clair », s'impose peu à peu dans l'usage pour désigner la ville entière, tandis que le nom officiel d'Arvernis reste longtemps en usage. Bruzen de La Martinière relevait déjà ce passage de Frédégaire au XVIIIe siècle. D'après la tradition reprise par les biographes du roi, Pépin dut ensuite financer la reconstruction de la cathédrale endommagée.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.