
Varennes-lès-Narcy
Château de Passy-les-Tours
capitaine installé dès 1422
→capitaine de La Charité-sur-Loire · écuyer-panetier du duc de Bourgogne · capitaine général du Nivernais (1433) · seigneur de Passy (de fait, 1422-1438)
Perrinet Gressart est un chef de guerre d'origine roturière, probablement poitevin, qui fit carrière pendant la guerre de Cent Ans au service du duc de Bourgogne et des Anglais. En 1422, sur ordre du gouverneur bourguignon du Nivernais Louis de Listenois, il occupe le château de Passy, à Varennes-lès-Narcy, pour barrer la route aux Armagnacs. Il y installe une garnison et fait exécuter d'importants travaux de remise en état, que décrit un compte conservé aux Archives nationales. Seigneur de fait de Passy jusqu'à sa mort vers 1437-1438, il y laisse sa veuve, Huguette de Courvol, qui y réside jusque vers 1450. Il reste surtout connu pour avoir tenu La Charité-sur-Loire face à Jeanne d'Arc en 1429.
Lorsque Perrinet Gressart s'installe à Passy en 1422, la forteresse de la vallée de la Loire, au nord de Nevers, est alors au cœur d'un conflit successoral entre héritiers des Chevenon, porté devant le Parlement de Paris. Le gouverneur bourguignon du Nivernais, Louis de Listenois, y voit une position à ne pas laisser aux Armagnacs, et confie la place à ce capitaine aguerri, avec l'assentiment d'Héliette Girard, l'une des prétendantes. Gressart s'y comporte en seigneur de fait : il y maintient une petite garnison mêlant hommes d'armes et arbalétriers, et le château devient l'un des points d'appui du réseau de places qu'il contrôle entre Loire et Morvan, autour de La Charité-sur-Loire et de La Motte-Josserand.
Château de Passy-les-ToursSur ordre de Louis de Listenois, gouverneur du Nivernais, et avec l'accord d'Héliette Girard, il occupe le château de Passy, alors sans défense, pour empêcher les Armagnacs de pénétrer dans le comté de Nevers.
Il place à Passy une garnison d'une vingtaine d'hommes d'armes et de dix arbalétriers et fait réaliser de nombreux travaux : ferrures des fenêtres, moulin à cheval, guet, réfection des fossés et du pont, charpentes et couvertures, four à chaux, prison. Le compte, d'environ 270 écus d'or, est conservé aux Archives nationales (X1a 8302, f° 166).
Il s'empare par surprise de La Charité-sur-Loire, dont il devient capitaine ; le duc de Bourgogne le fait écuyer-panetier.
Mariage à Chassy-en-Morvan avec Huguette de Courvol, issue d'une famille possessionnée en Bazois.
Il tient La Charité-sur-Loire contre les troupes de Charles VII et de Jeanne d'Arc, qui lèvent le siège à l'arrivée de l'hiver.
Nicolas Rolin le nomme capitaine général du Nivernais ; l'accord de 1434 range Passy parmi les places dont les garnisons doivent être payées pendant la trêve.
Après le traité d'Arras, il remet les places qu'il tenait, sauf La Charité, qu'il ne quitte que contre une forte compensation.
Il meurt, probablement à La Motte-Josserand ; sa veuve demeure à Passy jusque vers 1450, avant que la famille Girard ne récupère le château en 1456.
L'intérêt de Gressart pour Passy ne se limite pas à l'occupation militaire. Un compte de dépenses conservé aux Archives nationales dans les registres du Parlement (X1a 8302, f° 166) détaille les travaux qu'il fit réaliser : ferrures de fenêtres, moulin actionné par un cheval, poste de guet, curage des fossés et réparation du pont, reprise des charpentes et des couvertures en tuiles et en planches, four à chaux et même une prison. L'ensemble aurait coûté quelque 270 écus d'or. Ce document, dont l'association des Tours de Passy conserve des reproductions encore en cours de déchiffrement, constitue un témoignage rare sur l'entretien d'une forteresse nivernaise au cœur de la guerre de Cent Ans.
La mort du capitaine, vers 1437-1438, ne met pas immédiatement fin à la présence de sa maison à Passy. Sa veuve, Huguette de Courvol, qu'il avait épousée en 1424 à Chassy-en-Morvan, continue d'y résider jusque vers 1450. Il faut un nouveau procès contre ses ayants droit pour qu'Héliette Girard rentre en possession du château en 1456 ; elle le transmet en 1464 à son fils Joachim Girard, et la seigneurie reste dans cette famille jusqu'en 1569. Les vestiges actuels du château, inscrits en 1927 puis classés monument historique en 2018, gardent la mémoire de cette période troublée.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.