Vigny
Château de Vigny
acquéreur · 1867
→comte
Entrepreneur de chemins de fer titré comte, Philippe Spiridion Vitali (1830-1909) est l'homme du premier sauvetage du château de Vigny, dans le Vexin. Il acquiert le 8 novembre 1867 cette demeure du début du XVIe siècle, alors très dégradée, puis lance à partir de 1888, avec l'architecte parisien Charles Henri Cazaux, une vaste campagne de restauration et d'agrandissement dans le goût néogothique « troubadour » inspiré de Viollet-le-Duc. La silhouette actuelle du château, avec son grand donjon carré et sa chapelle, est largement l'héritage de ce chantier, que son fils Georges poursuivit. Le domaine resta aux Vitali jusqu'en 1922.
Philippe Spiridion Vitali appartient à la génération d'entrepreneurs qui ont bâti leur fortune sur l'essor ferroviaire du XIXe siècle : le site du château le présente comme un ingénieur et entrepreneur ayant joué un rôle majeur dans le développement des chemins de fer en Europe et au-delà. Titré comte, il investit une partie de cette fortune dans la pierre. Le 8 novembre 1867, il achète le domaine de Vigny, au cœur du Vexin français. Le château, bâti au tout début du XVIe siècle, était alors délaissé et en mauvais état. En le reprenant, Vitali s'inscrit dans un mouvement typique de son époque : de nouvelles élites industrielles et financières rachètent des demeures anciennes et les font revivre, souvent en les réinterprétant plutôt qu'en les restituant à l'identique.
Naissance de Philippe Vitali, selon l'étude de Madeleine Arnold-Têtard consacrée au château de Vigny.
Le comte Philippe Vitali se rend acquéreur du domaine de Vigny, dont le château est alors en état d'abandon avancé.
Dans une déclaration, il indique posséder la propriété depuis dix-huit ans.
Début de la restauration confiée à l'architecte Charles Henri Cazaux ; la pierre provient des carrières de Nucourt et de Saint-Maximin. Le chantier donne au château son caractère néogothique « troubadour ».
Publication par Georges Tubeuf et A. Marie de la monographie « Domaine de Vigny (Seine-et-Oise) appartenant au comte Philippe Vitali », consacrée au château et à l'église.
Mort de Philippe Vitali à Paris ; il est inhumé au cimetière de Vigny, dans une chapelle funéraire.
Les Vitali cèdent le domaine ; il est acquis par le comte Robert Le Coat de Kerveguen.
Une vingtaine d'années après l'achat, en 1888, Vitali engage une restauration d'envergure dont il confie la direction à l'architecte parisien Charles Henri Cazaux. Les travaux s'appuient sur les modèles de Viollet-le-Duc et utilisent la pierre des carrières de Nucourt et de Saint-Maximin. Au-delà de la remise en état, le chantier transforme la physionomie du site : selon la documentation disponible, l'aile sud est agrandie, un grand donjon carré et une chapelle sont édifiés. Il en résulte la silhouette hérissée, de style « troubadour », qui fait aujourd'hui l'identité du château et que la notice Mérimée rattache à la campagne du XIXe siècle venue s'ajouter aux parties de la seconde moitié du XVe et du XVIe siècle. Son fils Georges poursuit ensuite l'œuvre engagée.
En 1902, Georges Tubeuf et A. Marie publient chez G. Fauchon une monographie du château et de l'église intitulée « Domaine de Vigny (Seine-et-Oise) appartenant au comte Philippe Vitali », témoin de la fierté du propriétaire pour son œuvre. Philippe Vitali meurt à Paris en 1909 et choisit Vigny comme dernière demeure : il est inhumé dans une chapelle funéraire du cimetière communal. Le domaine reste dans la famille jusqu'en 1922, date de sa vente au comte Robert Le Coat de Kerveguen. Plus d'un siècle plus tard, alors que le château fait l'objet d'un nouveau sauvetage engagé après son rachat en 2016, les propriétaires actuels présentent l'intervention de Vitali comme le « premier sauvetage » du monument.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.