
Grez-en-Bouère
Château de la Guénaudière
architecte
→Faux mâchicoulis, faux créneaux, tourelles en poivrière : dans l'Anjou du XIXe siècle, la noblesse légitimiste qui reconstruit ses demeures après la Révolution parle souvent le langage de René Hodé. Fils d'un ancien chef chouan, élève des Arts et Métiers d'Angers grâce à une bourse des chevaliers de Saint-Louis, il ouvre son agence vers 1840 et signe en trente ans quelque vingt-sept châteaux entre Maine-et-Loire, Mayenne et Deux-Sèvres. Angrie, reconstruit vers 1850, passe pour le premier château néogothique d'Anjou ; Challain-la-Potherie (1847-1854), haut de 45 mètres, a gagné le surnom de « Chambord néogothique ». Dans le Bas-Maine, il rebâtit la Guénaudière à Grez-en-Bouère, flanquée de pavillons et de tourelles à chaque angle. Sa fiche rassemble un ensemble cohérent de demeures qui disent le goût – et le message politique – d'une aristocratie terrienne nostalgique de l'Ancien Régime.
La notice de protection du ministère de la Culture présente le château d'Angrie, reconstruit par Hodé au XIXe siècle (vers 1850), comme le premier château néogothique de l'Anjou. Les salles de réception – vestibules nord et sud, grand salon, salle à manger – reçoivent des décors peints en trompe-l'œil d'Achille Léger. Façades, toitures, décors et site archéologique du château médiéval sont protégés depuis le 22 janvier 2008.
Château de la GuénaudièreNaissance à Marans.
Diplômé des Arts et Métiers d'Angers.
Ouverture de son agence.
Château de Challain-la-Potherie.
Reconstruction d'Angrie.
Mort à Angers.
Après des débuts classiques (la Roche-Turpin à Loiré), Hodé adopte un médiévalisme spectaculaire. Ses clients, souvent légitimistes comme le comte de Falloux, lui commandent Challain-la-Potherie (1847-1854), la Rivière d'Orvault à Loiré, le Pineau à Champ-sur-Layon ou Brignac pour Paul de Villoutreys. Ses fils René-Nicolas et Louis-René collaborent à plusieurs chantiers.
À Grez-en-Bouère, l'abbé Angot rapporte que le château moderne de la Guénaudière a été construit par « M. Hodé, architecte d'Angers », avec pavillons et tourelles aux quatre angles, en remplacement de la demeure décrite en 1689 ; il note aussi que la proximité du chemin de fer nuit à son cadre.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.