
Bellencombre
Château de Bellencombre
Archéologue, description du château en 1833 et 1871
→abbé · chevalier de la Légion d'honneur (1855) · membre correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1864)
Prêtre du diocèse de Rouen, l'abbé Cochet (1812-1875) compte parmi les fondateurs de l'archéologie de terrain en France. Né à Sanvic, près du Havre, il découvre très jeune les vestiges d'une villa romaine à Étretat, puis parcourt toute la Haute-Normandie. Il y décrit les églises, fouille les nécropoles mérovingiennes et inventorie les châteaux et les sites de la Seine-Inférieure. Nommé inspecteur des monuments historiques en 1849, il devient en 1867 conservateur du musée départemental des Antiquités de Rouen. Pour les châteaux normands, son ouvrage de référence est le Répertoire archéologique du département de la Seine-Inférieure (Imprimerie nationale, 1871). Il y présente le château de Bellencombre comme une forteresse du XIe siècle, berceau des Warenne qui prirent part à la conquête de l'Angleterre. Il note aussi que la place était encore entière en 1833, juste avant son démantèlement. Ses quelque 150 ouvrages et brochures, sa correspondance avec Boucher de Perthes et le buste d'Iselin conservé à Rouen témoignent de son rôle dans la naissance de l'archéologie nationale.
Le Répertoire archéologique de 1871 recense, commune par commune, les vestiges de la Seine-Inférieure. Cochet y consacre une notice au château de Bellencombre, qu'il présente comme la forteresse des Warenne, remontant au XIe siècle. Il précise que l'édifice était encore entier en 1833 et en énumère le pont, la herse, les portes et les fenêtres. Le château a été démembré à partir de 1833 ; selon l'association de sauvegarde, les tours furent démontées après la vente des ruines en 1834 et leurs pierres revendues. La notice de Cochet compte ainsi parmi les rares témoignages sur l'état du site avant sa disparition. Elle mentionne aussi des monnaies gauloises trouvées près du château.
Château de BellencombreNaissance à Sanvic, près du Havre.
Ordonné prêtre par l'archevêque de Rouen ; il est ensuite vicaire au Havre, puis à Dieppe.
Entre à l'Académie de Rouen ; il devient membre non résidant du CTHS en 1843.
Nommé inspecteur des monuments historiques de la Seine-Inférieure.
Écrit à Jacques Boucher de Perthes les 52 lettres aujourd'hui conservées à Abbeville.
Devient conservateur du musée départemental des Antiquités de Rouen.
Publie le Répertoire archéologique du département de la Seine-Inférieure. Il y décrit le château de Bellencombre et indique qu'il était encore entier en 1833.
Meurt à Rouen ; il est inhumé au cimetière monumental. Son monument, avec un buste en bronze d'Iselin, est inauguré en 1877.
En 1849, Cochet est nommé inspecteur des monuments historiques de la Seine-Inférieure. Il doit suivre l'état des édifices et proposer leur restauration ou leur sauvetage. Il avait déjà publié une série d'ouvrages sur les églises du département, classées par arrondissement. Il s'appuie sur un réseau de correspondants locaux qui lui signalent les découvertes faites lors de travaux, et en tire une méthode de prospection systématique, rare à son époque. Son action culmine en 1867 avec la direction du musée des Antiquités de Rouen, où sont réunies une partie des collections issues de ses fouilles.
Cochet s'intéresse surtout aux sépultures, notamment aux cimetières mérovingiens de Londinières (1847) et de Neuville-lès-Dieppe, d'où il dit avoir tiré plus de 220 vases. Il fouille aussi la crypte de Saint-Jean-d'Abbetot dès les années 1830. Il est réputé pour la minutie de ses relevés. Le ministère de la Culture le présente, avec Boucher de Perthes, comme l'un des pères de l'archéologie scientifique. Il est correspondant de la Commission de topographie des Gaules et membre correspondant de l'Académie des inscriptions en 1864.
1812-03-07 · Naissance dans une famille modeste.
Sanvic (Le Havre)1836-05-28 · Ordonné par Mgr de Croÿ ; vicaire au Havre puis à Dieppe.
Rouen1847 · Première d'une série de fouilles de nécropoles (Parfondeval 1851, Envermeu 1852, Lucy 1853).
Londinières1849 · Nommé par Prosper Mérimée.
Seine-Inférieure1859 · Restitution de la sépulture du roi franc par comparaisons archéologiques.
Paris1864 · Reconnaissance nationale de ses travaux.
Paris1867 · Il quitte Dieppe pour Rouen.
Rouen1871 · Il rappelle que le château était encore entier en 1833.
Bellencombre1875-06-01 · Inhumé au cimetière monumental de Rouen.
RouenCette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.