Personnalité historique

Déodat de Gratet de Dolomieu

Chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Malte) · Commandeur de l'ordre de Malte · Membre de l'Institut national (1795)

Né en 1750 dans le village dauphinois dont sa famille portait le nom, Déodat de Gratet de Dolomieu est le cadet d'une lignée de marquis installée au château de Dolomieu, demeure où la notice Mérimée rappelle qu'il vécut. Chevalier de Malte dès l'enfance, il délaisse la carrière des armes pour les sciences de la Terre : volcans de Sicile et des îles Lipari, puis Alpes et Tyrol, où il décrit la roche calcaire magnésienne bientôt appelée dolomie. Membre de l'Institut, professeur à l'École des mines, il accompagne Bonaparte en Égypte, subit une longue captivité dans le royaume de Naples et meurt en 1801 chez sa sœur, à Châteauneuf en Charollais. Son cœur repose à Dolomieu.

Portrait de Déodat de Gratet de Dolomieu
Naissance23 juin 1750 (baptisé le 24), Dolomieu (Dauphiné, actuelle Isère)
Décès28 novembre 1801 (7 frimaire an X), Châteauneuf (Saône-et-Loire), chez sa sœur Alexandrine de Drée
FonctionChevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Malte) · Commandeur de l'ordre de Malte
MaisonGratet de Dolomieu
ÉpoqueLumières, Révolution française, Consulat
Histoire & patrimoine

Un cadet des marquis de Dolomieu

La famille de Gratet tient au XVIIIe siècle la terre de Dolomieu, au nord du Dauphiné, et en porte le titre de marquis. C'est dans ce village proche de La Tour-du-Pin que naît Déodat, en juin 1750, quatrième d'une fratrie de onze enfants issue du mariage de François de Gratet et de Françoise de Bérenger. L'historiographie locale le fait naître au château des Gratet, et la notice des Monuments historiques consacrée à l'édifice retient qu'il y vécut. En cadet de famille noble, sa voie semble tracée d'avance : son père le fait recevoir enfant dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le château, agrandi au début du XVIIIe siècle, inscrit partiellement aux Monuments historiques en 1991, reste aujourd'hui le principal lieu de mémoire de cette lignée dans le village.

Frise chronologique

Repères dans sa vie

23 juin 1750

Naissance à Dolomieu, quatrième des onze enfants du marquis François de Gratet de Dolomieu et de Françoise de Bérenger, au château familial selon l'historiographie locale.

1762

Reçu enfant dans l'ordre de Malte par la volonté de son père.

1768

Duel mortel à Gaète ; condamné, il passe neuf mois en détention à Malte avant d'être libéré.

1771

En garnison à Metz, il se forme à la chimie, à la physique et aux sciences naturelles.

1779

Quitte le service actif et devient correspondant de l'Académie des sciences.

1788-1789

Voyage dans le Trentin et le Tyrol, à l'origine de la description de la roche qui portera son nom, la dolomie.

1795

Nommé inspecteur au Corps des mines, élu à l'Institut (25 octobre) ; il enseigne à l'École des mines à partir de 1796.

1798

Rejoint l'expédition d'Égypte et siège à l'Institut d'Égypte ; il joue un rôle dans la reddition de Malte.

1799-1801

Fait prisonnier après un naufrage sur les côtes du royaume de Naples, il reste environ vingt et un mois en captivité, à Messine notamment ; libéré en 1801.

28 novembre 1801

Meurt à Châteauneuf (Saône-et-Loire), au château de sa sœur Alexandrine et de son beau-frère Étienne de Drée ; son cœur est déposé dans le monument familial du cimetière de Dolomieu.

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

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Réseau historique

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Approfondir

Déodat de Gratet de Dolomieu dans l’histoire

Du chevalier de Malte au naturaliste

La jeunesse de Dolomieu se passe entre les galères de l'Ordre, un duel mortel à Gaète suivi d'une détention, puis une garnison à Metz où il découvre la chimie et l'histoire naturelle. Il abandonne le service actif en 1779 et devient correspondant de l'Académie des sciences. Ses voyages en Sicile, aux îles Lipari et sur l'Etna font de lui une référence sur le volcanisme, tandis que son périple de 1788-1789 dans le Trentin et le Tyrol le conduit à décrire la roche calcaire magnésienne qui reçoit son nom ; la chaîne des Dolomites, en Italie, en tire à son tour le sien. Ses relations avec l'Ordre, en revanche, restent conflictuelles et il quitte Malte pour la dernière fois en 1790.

L'Institut, l'Égypte et la captivité

Sous le Directoire, Dolomieu est nommé inspecteur au Corps des mines, entre à l'Institut en 1795 et professe à l'École des mines. En 1798 il embarque avec l'expédition d'Égypte ; ses liens avec l'ordre de Malte pèsent dans la reddition de l'île, ce qui lui vaut de solides inimitiés. Malade, il obtient son retour, mais son navire doit relâcher sur les côtes du royaume de Naples, alors en guerre avec la France : il y est retenu une vingtaine de mois, à Messine notamment, avant d'être libéré en 1801 à la faveur de l'armistice précédant la paix de Florence. Il publie la même année son traité de philosophie minéralogique.

Mort en Charollais, mémoire à Dolomieu

Épuisé, Dolomieu meurt le 7 frimaire an X (28 novembre 1801) à Châteauneuf, en Saône-et-Loire, chez sa sœur Alexandrine et son beau-frère Étienne de Drée. Le lieu de sépulture de son corps demeure discuté : les études d'histoire locale publiées sur le site brionnais.fr, dont celle de Daniel Duroy, écartent l'idée d'un transfert au tombeau familial et penchent pour Châteauneuf. Son cœur, en revanche, repose à Dolomieu dans le monument érigé pour Alexandrine au cimetière communal, qui a remplacé l'ancien caveau des Gratet situé dans le chœur de l'église démolie en 1868. Le village isérien conserve ainsi, avec le château familial, les deux principaux témoins patrimoniaux du savant.

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.