Du chevalier de Malte au naturaliste
La jeunesse de Dolomieu se passe entre les galères de l'Ordre, un duel mortel à Gaète suivi d'une détention, puis une garnison à Metz où il découvre la chimie et l'histoire naturelle. Il abandonne le service actif en 1779 et devient correspondant de l'Académie des sciences. Ses voyages en Sicile, aux îles Lipari et sur l'Etna font de lui une référence sur le volcanisme, tandis que son périple de 1788-1789 dans le Trentin et le Tyrol le conduit à décrire la roche calcaire magnésienne qui reçoit son nom ; la chaîne des Dolomites, en Italie, en tire à son tour le sien. Ses relations avec l'Ordre, en revanche, restent conflictuelles et il quitte Malte pour la dernière fois en 1790.
L'Institut, l'Égypte et la captivité
Sous le Directoire, Dolomieu est nommé inspecteur au Corps des mines, entre à l'Institut en 1795 et professe à l'École des mines. En 1798 il embarque avec l'expédition d'Égypte ; ses liens avec l'ordre de Malte pèsent dans la reddition de l'île, ce qui lui vaut de solides inimitiés. Malade, il obtient son retour, mais son navire doit relâcher sur les côtes du royaume de Naples, alors en guerre avec la France : il y est retenu une vingtaine de mois, à Messine notamment, avant d'être libéré en 1801 à la faveur de l'armistice précédant la paix de Florence. Il publie la même année son traité de philosophie minéralogique.
Mort en Charollais, mémoire à Dolomieu
Épuisé, Dolomieu meurt le 7 frimaire an X (28 novembre 1801) à Châteauneuf, en Saône-et-Loire, chez sa sœur Alexandrine et son beau-frère Étienne de Drée. Le lieu de sépulture de son corps demeure discuté : les études d'histoire locale publiées sur le site brionnais.fr, dont celle de Daniel Duroy, écartent l'idée d'un transfert au tombeau familial et penchent pour Châteauneuf. Son cœur, en revanche, repose à Dolomieu dans le monument érigé pour Alexandrine au cimetière communal, qui a remplacé l'ancien caveau des Gratet situé dans le chœur de l'église démolie en 1868. Le village isérien conserve ainsi, avec le château familial, les deux principaux témoins patrimoniaux du savant.