Personnalité historique

Kaspar Ludwig von Schnorff

avoyer (Schultheiss) de Baden · seigneur justicier de Schneisingen · anobli (1681)

Magistrat catholique de Baden (Argovie), Kaspar Ludwig Schnorf ou von Schnorff (1642-1721) fit carrière au service du prince-abbé de Saint-Gall avant d'être avoyer de sa ville natale pendant près d'un demi-siècle. Anobli par l'empereur Léopold Ier en 1681, il obtint la même année de l'abbaye de Saint-Blaise la basse juridiction de Schneisingen. Il y établit le siège de sa seigneurie dans une maison du centre de Mittelschneisingen, le « Schlössli », dont il fit orner cinq pièces vers 1696-1698 de stucs et de fresques par des artistes tessinois. Cette demeure baroque, aujourd'hui protégée par le canton et la Confédération, reste le témoignage le plus visible de la seigneurie des Schnorf.

Portrait de Kaspar Ludwig von Schnorff
Naissance15 décembre 1642, Baden (Argovie)
Décès24 avril 1721, Baden
Fonctionavoyer (Schultheiss) de Baden · seigneur justicier de Schneisingen
MaisonFamille Schnorf (Schnorff) de Baden
ÉpoqueXVIIe - début XVIIIe siècle
Histoire & patrimoine

Un magistrat de Baden au service des abbés

Issu d'une lignée de notables catholiques de Baden — son père Walter était secrétaire de la ville —, Kaspar Ludwig Schnorf commence sa carrière loin de chez lui, à la cour du prince-abbé de Saint-Gall. Conseiller et bailli des fiefs dès 1663, il y devient chancelier de cour et conseiller intime à partir de 1669. Rentré à Baden, il est porté en 1675 à la charge d'avoyer, la première magistrature de cette petite ville qui accueillait alors les diètes fédérales ; il l'exerce jusqu'à sa mort en 1721. Son ascension sociale est couronnée en 1681 par des lettres de noblesse de l'empereur Léopold Ier, d'où la forme « von Schnorff » employée par la suite pour la famille.

SchlössliSchlössli
Frise chronologique

Repères dans sa vie

1642-12-15

Naissance à Baden, fils de Walter Schnorf, secrétaire de ville, et d'Anna Clara im Turn.

1663

Conseiller de cour et bailli des fiefs au service du prince-abbé de Saint-Gall.

1669

Devient chancelier de cour et conseiller intime de l'abbé de Saint-Gall.

1675

Élu avoyer (Schultheiss) de Baden, charge qu'il conserve jusqu'à sa mort.

1681

Lettres de noblesse de l'empereur Léopold Ier ; l'abbé Romanus Vogler de Saint-Blaise lui inféode la basse juridiction de Schneisingen, où il fait aménager une maison seigneuriale.

vers 1696-1698

Décor intérieur de cinq pièces du Schlössli : stucs de Giovanni Battista Bettini et fresques de Francesco Antonio Giorgioli, selon l'inventaire argovien.

1721-04-24

Mort à Baden.

1798

Le dernier seigneur de la famille, Johann Heinrich Aloys von Schnorff, ruiné, vend le Schlössli à Xaver Bräm et au dernier Gerichtsvogt Franz Xaver Rohner ; la même année prend fin la seigneurie de Saint-Blaise sur Schneisingen.

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

1 lieu
Réseau historique

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Approfondir

Kaspar Ludwig von Schnorff dans l’histoire

La seigneurie de Schneisingen et la naissance du Schlössli

Schneisingen, dans la vallée de la Surb, relevait depuis le XIIe siècle de l'abbaye bénédictine de Saint-Blaise en Forêt-Noire, qui y détenait la basse justice et le patronage jusqu'en 1798. En 1681, l'abbé Romanus Vogler inféode cette basse juridiction à Kaspar Ludwig Schnorf. Pour donner un siège à sa nouvelle seigneurie, l'avoyer acquiert une propriété au cœur de Mittelschneisingen et en fait une demeure seigneuriale, que l'usage local appelle le « Schlössli ». Le bâtiment forme avec l'auberge du Löwen voisine, ancienne ferme domaniale de Saint-Blaise, une cour ouverte au sud qui structure encore le centre du village.

Un décor baroque tessinois et sa postérité

Vers 1696-1698, Schnorf fait décorer cinq pièces de la maison par deux artistes originaires du Tessin actifs en Suisse alémanique : le stucateur Giovanni Battista Bettini et le peintre fresquiste Francesco Antonio Giorgioli. Ces plafonds stuqués et peints font du Schlössli un rare intérieur baroque seigneurial dans un village rural argovien. La famille s'appauvrit au cours du XVIIIe siècle ; en 1798, Johann Heinrich Aloys von Schnorff vend la maison, aussitôt partagée en deux logements. Réunie en 1927 entre les mains d'un seul propriétaire, elle est classée par le canton en 1963 et par la Confédération en 1976 ; une restauration des années 1970 a remis en valeur stucs et peintures, et la façade a été rénovée en 2012-2013. Le Schlössli demeure une propriété privée.

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.