Personnalité historique

Katherine Briçonnet

dame de Chenonceau

Issue d'une puissante dynastie de financiers tourangeaux, Katherine Briçonnet épouse Thomas Bohier, général des finances et maire de Tours. Lorsque celui-ci acquiert en 1513 la seigneurie de Chenonceau après des années de manœuvres contre la famille Marques, c'est elle qui conduit le chantier pendant que son mari suit les rois dans les guerres d'Italie. Sur les piles d'un ancien moulin du Cher, en conservant le seul donjon des Marques, s'élève alors un logis quadrangulaire à tourelles que le guide officiel lui attribue comme véritable maître d'ouvrage. Les initiales T.B.K., les armes accolées et la devise « S'il vient à point, me souviendra » rappellent encore le couple fondateur, premier chapitre du « château des Dames ».

Portrait de Katherine Briçonnet
Naissancevers 1494
Décès1526 (3 novembre selon certaines sources)
Fonctiondame de Chenonceau
MaisonBriçonnet
ÉpoqueRenaissance (règnes de Louis XII et François Ier)
Histoire & patrimoine

Une héritière de la finance tourangelle

Katherine Briçonnet appartient à l'un des clans qui tiennent les finances royales à la fin du XVe siècle : son père Guillaume Briçonnet, devenu cardinal après son veuvage, et sa mère Raoulette de Beaune sont issus de familles de généraux et de receveurs. Son mariage avec Thomas Bohier, né vers 1460 à Issoire, secrétaire de Charles VIII, général des finances de Normandie et maire de Tours, l'inscrit au cœur de ce milieu. C'est cette fortune administrative, faite de charges et de rentes, qui permet au couple de convoiter une seigneurie au bord du Cher. Le guide officiel de Chenonceau la fait naître vers 1494 ; sa date exacte n'est pas établie par un acte publié.

Château de ChenonceauChâteau de Chenonceau
Frise chronologique

Repères dans sa vie

vers 1494

Naissance de Katherine, fille de Guillaume Briçonnet et de Raoulette de Beaune, dans une famille de grands officiers de finances.

avant 1513

Thomas Bohier, son époux, acquiert terres, dépendances et rentes autour de Chenonceau pour contraindre la famille Marques à vendre.

1513

Achat du domaine principal de Chenonceau par Thomas Bohier au terme d'une longue procédure.

1513-1521

Construction du nouveau logis sur les fondations du moulin fortifié ; le château féodal est rasé à l'exception du donjon dit tour des Marques. Katherine dirige le chantier pendant les absences de son mari.

1524

Mort de Thomas Bohier en Milanais, lors des guerres d'Italie (certaines sources donnent mars 1523, ancien style).

1526

Mort de Katherine Briçonnet, environ deux ans après son époux ; elle est inhumée auprès de lui à Saint-Saturnin de Tours.

1535

Leur fils Antoine Bohier, mis en cause pour les dettes de son père envers le Trésor, cède Chenonceau à François Ier, qui l'intègre au domaine royal.

Patrimoine associé

Les châteaux liés à cette personnalité

1 lieu
Réseau historique

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Approfondir

Katherine Briçonnet dans l’histoire

Conduire le chantier de Chenonceau

Après avoir patiemment acheté terres et rentes pour forcer la main des Marques, Thomas Bohier obtient Chenonceau en 1513. Le château fort est rasé, à l'exception du donjon, et un logis neuf s'élève sur les piles d'un moulin fortifié implanté dans le lit du Cher. Thomas étant retenu par ses fonctions et par les campagnes d'Italie, c'est Katherine qui suit les travaux jusqu'en 1521 environ ; le site officiel en fait la figure principale de la construction et le guide de visite la désigne comme « véritable maître d'ouvrage du château originel ». Le plan quadrangulaire à tourelles d'angle et son organisation intérieure autour d'un vestibule central sont attribués à cette campagne.

Des signatures gravées dans la pierre et le bois

Le couple a laissé sa marque dans le décor. Les initiales T.B.K., pour Thomas Bohier et Katherine Briçonnet, figurent sur la porte d'entrée et sur la corniche d'un salon ; les armes Bohier et Briçonnet y sont accolées, et reparaissent sur la cheminée de la salle des Gardes. La devise « S'il vient à point, me souviendra », sculptée sur la porte de la salle des Gardes et sur le manteau d'une cheminée, exprime l'ambition d'être remémorés si l'œuvre aboutissait. Dans la chapelle, une crédence en pierre porte la devise des Bohier, et les saints patrons Thomas et Catherine ornent la porte de la salle des Gardes.

De la disparition du couple au domaine royal

Thomas Bohier meurt en Milanais en 1524 ; Katherine le suit environ deux ans plus tard et repose auprès de lui à Saint-Saturnin de Tours. Leur fils Antoine hérite d'un domaine grevé : les comptes de son père font apparaître des dettes envers le Trésor, et en 1535 Chenonceau entre dans le domaine royal de François Ier en règlement. Ce transfert ouvre la longue succession de femmes qui, de Diane de Poitiers à Catherine de Médicis puis Louise Dupin, transformeront le lieu ; Katherine Briçonnet en reste, pour le château lui-même, la première bâtisseuse.

Documentation

Sources de la fiche

Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.