Montcavrel
Château d'Hérambault
Dernière nuit en France, 24 février 1848
→duc d'Orléans · roi des Français (1830-1848)
Roi des Français de 1830 à 1848, Louis-Philippe Ier a donné au château de Pau une grande part de son visage actuel. À partir de 1838, il lance une restauration d'ensemble de la demeure natale d'Henri IV, alors très dégradée après son usage de caserne. Il en confie le chantier aux architectes Lefranc et Abbadie. Il fait meubler les appartements dans le goût néogothique et néo-Renaissance par les fournisseurs de la Couronne, et y fait envoyer des tapisseries prélevées au Garde-Meuble. Pour le souverain, qui ne vit jamais le château, il s'agissait d'appuyer sa légitimité sur la mémoire du premier Bourbon.
La notice Mérimée décrit un château de plus en plus négligé à partir du XVIIe siècle. Il est en très mauvais état à la Révolution, puis sert de caserne. Sous la Restauration, l'architecte Latapie ne mène que des travaux d'urgence. En 1838, Louis-Philippe engage une restauration bien plus complète, confiée à Lefranc et Abbadie : les façades sud et ouest sont remaniées et une nouvelle tour est élevée. Les abords du château figurent d'ailleurs dès 1840 sur la première liste des monuments historiques.
Naissance à Paris, fils aîné du duc d'Orléans.
Avènement comme roi des Français.
Lancement de la restauration complète du château de Pau, confiée à Lefranc et Abbadie ; modification des façades sud et ouest et construction d'une nouvelle tour.
Classement partiel des abords du château (talus, terrasses, enceinte, portes, fossés, ponts, jardin de la Basse-Plante) sur la liste des monuments historiques.
Envoi au château, « fraîchement restauré », de huit tapisseries des XVIIe et XVIIIe siècles prélevées au Garde-Meuble.
Ameublement néogothique et néo-Renaissance par les fournisseurs de la Couronne ; les ducs d'Orléans, de Nemours et de Montpensier sont reçus au château.
Abdication pendant la révolution de Février et exil en Angleterre.
Mort à Claremont, dans le Surrey.
Pour le musée national, l'aspect actuel du château doit beaucoup à cette campagne de la monarchie de Juillet. En s'associant à Henri IV, premier roi Bourbon né à Pau, le souverain issu de la branche d'Orléans cherche à consolider sa propre légitimité. Le chantier s'inscrit dans le programme artistique d'un roi attaché aux souvenirs de l'histoire nationale. Louis-Philippe suit les travaux à distance, sans jamais se rendre à Pau, mais ses fils, les ducs d'Orléans, de Nemours et de Montpensier, y sont accueillis avec solennité.
Le décor intérieur prolonge l'œuvre des architectes. Les fournisseurs de la Couronne livrent des ensembles mobiliers néogothiques et néo-Renaissance. Dans les réserves du Garde-Meuble, on choisit des tapisseries des règnes de Louis XIV et de Louis XV. En 1842, huit pièces sont envoyées au château « fraîchement restauré » : deux portières de Mars, quatre portières du Char de triomphe et deux Termes. Cet ensemble, encore visible dans les appartements dont le décor date des années 1840-1860, compte parmi les collections de tapisseries les plus précieuses de France.
La chute de la monarchie en février 1848 n'interrompt pas la transformation du château. Napoléon III reprend les travaux avec plusieurs architectes : péristyle, tour et corps de logis qui portent aujourd'hui son nom. Les tapisseries envoyées en 1842 sont alors en partie réutilisées autrement : dans le salon Bernadotte, converti en fumoir, elles sont clouées dans des cadres de velours vert, puis mises en réserve en 1863-1867. Le domaine, classé en totalité en 2017, conserve ainsi la trace superposée des deux régimes.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.