Noyers
Château de Noyers-sur-Serein
maréchal de France
→seigneur de Noyers · maréchal de France · grand bouteiller de France · président de la chambre des comptes
Miles de Noyers, dit le Grand ou le Magnifique, est le plus illustre des seigneurs de Noyers-sur-Serein, forteresse dressée dans une boucle du Serein en Basse-Bourgogne. Né vers 1271 et héritier de la seigneurie en 1291, il fait carrière au service de la couronne de Philippe le Bel à Philippe VI : maréchal de France au lendemain de Courtrai, puis président de la chambre des comptes et grand bouteiller de France en 1336. Selon l'historiographie locale, c'est lui qui cède la suzeraineté de Noyers au duc de Bourgogne, préparant le passage de la place aux ducs après l'extinction de sa lignée en 1370. Sa numérotation varie selon les généalogies (IX ou X).
Héritier en 1291 d'une seigneurie déjà ancienne, Miles de Noyers appartient à une lignée qui a fait de Noyers l'une des places fortes majeures de la Basse-Bourgogne. Vassal du duc de Bourgogne, à qui il prête hommage en 1295, il s'engage pourtant très tôt au service du roi de France. Les guerres de Flandre lui ouvrent la voie : présent à Courtrai puis à Mons-en-Pévèle, il reçoit le bâton de maréchal de France au lendemain du désastre de 1302. Il le quitte vers 1315 mais demeure dans l'entourage royal, passant des armes à l'administration financière : il préside la chambre des comptes en 1326 puis à partir de 1335. Sa longévité politique, de Philippe le Bel à Philippe VI, est remarquable.
Naissance de Miles, fils de Miles VIII de Noyers.
Il hérite de son père la seigneurie de Noyers et son château.
Il prête hommage au duc de Bourgogne.
Il combat à Courtrai (1302) puis à Mons-en-Pévèle (1304) ; il est fait maréchal de France après Courtrai (1302 ou 1303 selon les sources), charge qu'il quitte vers 1315.
Il préside la chambre des comptes, une première fois en 1326 puis de nouveau à partir de 1335.
Il reçoit l'office de grand bouteiller de France après la mort d'Henri de Sully ; une ordonnance de Philippe VI (vers 1336-1337) le charge, comme « monseigneur de Noyers, bouteiller de France », d'approvisionner la garnison du château de Lille.
Présent à Crécy, il aurait conseillé au roi de différer l'attaque.
Son fils Miles le Bossu meurt en 1349, probablement de la peste ; lui-même meurt en 1350 selon la généalogie familiale.
En 1336, après la mort d'Henri de Sully, Miles obtient l'office de grand bouteiller de France. Fabrice Cayot, qui a édité une ordonnance non datée de Philippe VI conservée pour le château royal de Lille, la situe vers 1336-1337 : le texte s'adresse à « monseigneur de Noyers, bouteiller de France » et détaille ce qu'il doit fournir pour une année de garnison, sergents de pied, gentilshommes, hommes d'armes, vivres et artillerie. L'éditeur corrige au passage la datation d'Ernest Petit, qui le présentait comme « maréchal » et plaçait le document au début du siècle. Ce document montre un Miles devenu, entre 1336 et 1346, l'un des hommes forts du conseil royal, chargé de préparer la frontière flamande à la guerre contre l'Angleterre.
Le château de Noyers, dont il ne subsiste que des ruines dégagées et restaurées depuis la fin du XXe siècle par une association locale, était le siège de la famille des Miles depuis le XIe siècle. Les historiens locaux rapportent que Miles le maréchal y céda la suzeraineté de la seigneurie au duc de Bourgogne, geste qui annonce le destin de la forteresse : après l'extinction de la branche aînée en 1370, la place passa aux ducs puis à d'autres maisons, avant d'être démantelée sur ordre d'Henri IV en 1599. La numérotation des Miles reste instable : certains auteurs, dont Dominique Dubois, le nomment Miles X, tandis que la généalogie d'Étienne Pattou en fait Miles IX et réserve le numéro X à son fils mort en 1349.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.