
Bignan
Château de Kerguéhennec
architecte
→Olivier Delourme (1660-1729), surnommé « l'architecte de la Bretagne », est un maître d'œuvre vannetais issu d'une famille de maîtres maçons du pays de Ploërmel. Son ascension s'explique par un événement politique : l'exil du parlement de Bretagne à Vannes à partir de 1675, qui attire dans la ville parlementaires et commandes de demeures. Installé à Vannes avant ses vingt-cinq ans, il y multiplie les chantiers urbains, puis signe dans le Morbihan intérieur deux grands châteaux du début du XVIIIe siècle, Kerguéhennec à Bignan et Loyat près de Ploërmel. Le premier, élevé vers 1710 pour les frères Hogguer, financiers saint-gallois actionnaires de la Compagnie des Indes, est parfois surnommé le « Versailles breton ». La base Mérimée reste prudente sur sa paternité exacte, indiquant qu'il « aurait donné les plans ». Sa fiche illustre l'émergence d'une architecture classique bretonne liée aux fortunes parlementaires et coloniales, et relie plusieurs manoirs vannetais qu'il acquit lui-même.
Né en 1660 dans une famille de maîtres maçons lettrés de Loyat, Delourme profite d'une conjoncture exceptionnelle : le transfert du parlement de Bretagne de Rennes à Vannes en 1675. Les conseillers s'y font bâtir hôtels et demeures, attirant artisans et bâtisseurs ; Delourme s'y installe très jeune et y devient à la fois concepteur et entrepreneur d'ouvrages, notamment dans le quartier de Saint-Patern. Les travaux d'Erwann Le Franc dans le Bulletin de la Société polymathique du Morbihan replacent cette carrière dans le milieu des architectes bretons du temps de Louis XIV.
Château de KerguéhennecNaissance à Loyat dans une famille de maîtres maçons.
Le parlement de Bretagne est transféré à Vannes ; Delourme s'y installe peu après.
Château de Kerguéhennec pour les frères Hogguer.
Début du chantier du château de Loyat pour René-Charles de Coëtlogon.
Mort de l'architecte.
Sur les vestiges d'un manoir attesté dès 1476, les frères Hogguer, banquiers originaires de Saint-Gall installés à Paris et actionnaires de la Compagnie des Indes à Lorient, font élever vers 1710 un château classique. La base Mérimée décrit un grand corps central encadré de pavillons, traité « avec la sévérité d'une architecture sensible à l'art de l'ingénieur », et précise prudemment que Delourme « aurait donné les plans ». Le château, profondément restauré de 1873 à 1876 par Ernest Trilhe pour le comte Lanjuinais, est classé en 1988 et accueille aujourd'hui un centre d'art contemporain.
Dans sa paroisse d'origine, la famille de Coëtlogon, qui a acheté vers 1675 une vieille forteresse difficile à restaurer, décide de bâtir un nouveau château dans son prolongement. René-Charles de Coëtlogon, vicomte de Loyat, fait appel à Delourme comme concepteur et directeur des travaux, menés à partir de 1718. La base Mérimée voit dans Loyat une interprétation proche de Kerguéhennec. Un mémoire de master de l'université Rennes 2 (Gilles Dargnies, 2013) est consacré à ces deux œuvres.
vers 1710 · Château classique financé par des banquiers liés à la Compagnie des Indes.
BignanCette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.