Luxembourg
Palais grand-ducal
architecte de l'État, transformation du palais grand-ducal · 1891-1895
→Architecte de l'État du Grand-Duché de Luxembourg (1858-1895/1898)
Premier architecte de l'État du Grand-Duché, Charles Arendt (1825-1910), né à Vianden, a marqué le paysage bâti luxembourgeois du XIXe siècle : on lui attribue 78 églises et chapelles et plus de 130 édifices civils. Fervent défenseur du néogothique, il fut aussi archéologue amateur, publiciste et acteur précoce de la sauvegarde du patrimoine, restaurant notamment les ruines du château de Vianden. Au soir de sa carrière, il assiste l'architecte bruxellois Gédéon Bordiau dans la transformation de l'ancien hôtel de ville de Luxembourg en Palais grand-ducal (1891-1895), voulue par le grand-duc Adolphe.
Né à Vianden en 1825, Charles Arendt se forme à Bruxelles puis à Munich à la fin des années 1840 avant d'être nommé architecte du district de Grevenmacher au début des années 1850. En 1858, il devient architecte de l'État et s'établit dans la capitale, inaugurant une fonction nouvelle pour un Grand-Duché qui se dote alors de ses institutions constitutionnelles. Pendant près de quarante ans, il conçoit ou supervise édifices religieux, bâtiments administratifs et équipements publics : l'historienne de l'architecture Isabelle Becker lui attribue 78 églises et chapelles et plus de 130 bâtiments profanes, dont une centaine de projets recensés à Luxembourg-ville. Le bicentenaire de sa naissance a donné lieu en 2025-2026 à une exposition au Luxembourg Center for Architecture.
Naissance à Vianden de Jean Charles Wenceslas Arendt.
Formation à Bruxelles puis à Munich.
Nommé architecte du district de Grevenmacher.
Construit l'église paroissiale néogothique d'Elvange (Schengen), l'une de ses premières églises, bénie en 1860.
Devient architecte de l'État et s'installe à Luxembourg-ville.
Après le démantèlement de la forteresse, reconstruit le Huelen Zant à Luxembourg dans le goût d'une ruine médiévale.
Assiste Gédéon Bordiau dans la transformation de l'ancien hôtel de ville en Palais grand-ducal pour le grand-duc Adolphe.
Départ à la retraite après une longue carrière au service de l'État (date divergente selon les sources).
Mort à Luxembourg.
Exposition « Charles Arendt (1825-1910) : Staatsarchitekt » au LUCA, pour le bicentenaire de sa naissance.
Lorsque le grand-duc Adolphe entreprend en 1891 de transformer l'ancien hôtel de ville de Luxembourg en résidence souveraine, la direction du chantier revient au Bruxellois Gédéon Bordiau, qui avait déjà travaillé pour lui à Königstein. Arendt, architecte de l'État, l'assiste jusqu'à l'achèvement des travaux en 1895, qui voit notamment l'ajout d'une aile nouvelle. La revue forum relevait en 1998 que la préférence accordée à l'architecte belge sur l'architecte national n'avait guère été expliquée par les historiens du palais. Le chantier coïncide avec la fin de la carrière d'Arendt, dont le départ à la retraite est daté de 1895 ou de 1898 selon les sources.
Arendt est un défenseur passionné du néogothique, style qu'il décline dans de nombreuses paroisses du pays et jusque dans les diocèses de Trèves, Nancy et Namur. L'église Saint-Jean-Baptiste d'Elvange, bâtie de 1856 à 1859 à l'emplacement d'une chapelle plus ancienne, compte parmi ses premières réalisations : la Commission des sites et monuments nationaux, appelée en 2019 à se prononcer sur son classement, souligne qu'il y dessina aussi le maître-autel et la chaire, exécutés en 1867 par l'ébéniste Jean-Pierre Decker, dans l'idée d'un mobilier néogothique homogène.
Au-delà des constructions neuves, Arendt s'intéresse tôt à la conservation des monuments. Il restaure les ruines du château de Vianden, sa ville natale, ainsi que la chapelle Saint-Quirin à Luxembourg, et rebâtit en 1874 le Huelen Zant sous l'aspect d'une ruine médiévale, au moment où la ville se défait de sa forteresse. Archéologue amateur, collectionneur, conférencier et auteur de plus de 130 publications sur l'architecture et l'histoire de l'art, il contribue à faire connaître le patrimoine matériel et immatériel du pays, ce qui lui vaut d'être parfois présenté comme un « Viollet-le-Duc luxembourgeois ».
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.