Luxembourg
Palais grand-ducal
architecte, transformation du palais grand-ducal · 1891-1895
→Architecte bruxellois formé à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles et passé par l'agence de Joseph Poelaert, Gédéon Bordiau (1832-1904) est surtout l'auteur du site du Cinquantenaire, dont il conçoit le plan et les grandes halles d'exposition à partir des années 1870. Son nom est aussi lié au Palais grand-ducal de Luxembourg : appelé par le grand-duc Adolphe, pour qui il avait déjà travaillé à Königstein, il dirige de 1891 à 1895 la transformation de l'ancien hôtel de ville en résidence souveraine, avec l'architecte de l'État Charles Arendt. Son architecture monumentale privilégie la masse sur le détail.
Lorsque le grand-duc Adolphe décide en 1891 d'adapter l'ancien hôtel de ville de Luxembourg en résidence souveraine, il ne s'adresse pas d'abord à l'administration luxembourgeoise mais à un architecte qu'il connaît : Gédéon Bordiau, qui avait déjà travaillé pour lui au château de Königstein, dans le Taunus. Le chantier, conduit avec l'architecte de l'État Charles Arendt, s'achève en 1895 ; il dote le bâtiment Renaissance d'une aile nouvelle, plus tard appelée aile badoise, et de salles aptes à recevoir les collections de la maison de Nassau. Ce choix d'un Belge plutôt que de l'architecte national a été relevé par la revue luxembourgeoise forum en 1998, qui regrettait que ses motivations n'aient pas été éclaircies par l'historiographie du palais.
Naissance à Neufvilles, aujourd'hui section de Soignies.
Études à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles ; il collabore ensuite avec Joseph Poelaert, notamment au Palais de justice.
Élabore le projet du futur parc du Cinquantenaire pour l'Exposition nationale de 1880 et le plan d'aménagement du quartier Nord-Est de Bruxelles.
Construction de la halle dite Bordiau au Cinquantenaire ; organisation des expositions de 1880, puis de 1888 et 1897 sur le site.
Début de la construction des arcades du Cinquantenaire, ralentie par des difficultés financières.
Dirige pour le grand-duc Adolphe la transformation de l'ancien hôtel de ville de Luxembourg en Palais grand-ducal, avec une aile nouvelle, assisté de Charles Arendt.
La halle sud du Cinquantenaire (actuel Autoworld) est édifiée sur ses plans.
Mort à Bruxelles ; Léopold II confie l'achèvement de l'arcade du Cinquantenaire au Français Charles Girault, qui la transforme en triple arcade inaugurée en 1905.
Le projet le plus durable de Bordiau reste le site du Cinquantenaire à Bruxelles. Dès 1872, il élabore le programme d'un vaste ensemble destiné à l'Exposition nationale de 1880 célébrant le demi-siècle de l'indépendance belge ; la halle qui porte son nom est construite en 1879-1880, et il organise les expositions de 1880, 1888 et 1897, pour laquelle la halle sud, aujourd'hui Autoworld, est élevée sur ses plans. L'arcade monumentale, entreprise en 1890, piétine faute de crédits. À sa mort en 1904, Léopold II confie l'achèvement à Charles Girault, qui substitue une triple arcade à l'arc unique prévu ; elle est inaugurée en septembre 1905. Les bâtiments abritent aujourd'hui le musée royal de l'Armée, Autoworld et les musées royaux d'Art et d'Histoire.
Né à Neufvilles, près de Soignies, en 1832, Bordiau étudie à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles de 1847 à 1854 puis entre dans l'orbite de Joseph Poelaert, auprès duquel il travaille notamment au Palais de justice. Il mène ensuite une carrière largement bruxelloise, mêlant commandes publiques et urbanisme, avec le plan de transformation du quartier Nord-Est vers 1875. L'arrêté de protection pris par la Région de Bruxelles-Capitale pour les bâtiments du Cinquantenaire caractérise son style comme monumental et inspiré de l'Antique, marqué par la « primauté de la masse sur le détail ». Il meurt à Bruxelles le 23 janvier 1904.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.